Les nouvelles aventures du Fakir au pays d’Ikea Romain Puertolas Le Dilettante Éditions

Ah écrire des suites à un roman qui a eu un succès considérable! Pas simple l’aventure! Mais connaissant un peu le bonhomme, je me doutais qu’il prendrait un peu de temps entre les deux (d’où trois autres romans sans fakir, ni Ikéa, quoique!).

Et disons-le tout net, la midinette que je suis depuis le premier opus s’est franchement laissé embarquer par les nouvelles aventures d’Ajattrappesous (nouvelle variation, Romain, tu permets!) qui s’en va en Suède, car, figurez-vous, le lit à clous n’est plus produit par la fameuse firme de mobilier qui ne se monte qu’une fois, et encore!

Avec son pull suédois plein de rennes, Attrapemasoupe rejoint Stockholm (j’en reviens, c’est plein de Suédois tatoués partout et de patates bouillies avec des sauces improbables, c’est pour ça que c’est la Suède et que Björn Borg était imperturbable!) afin de se faire confectionner un Kisifrötsipikh de compétition!

Mais évidemment, rien ne va se passer comme prévu, des souvenirs d’enfance pas spécialement joyeux vont venir se mêler à des margoulins pas spécialement gentils, alors que Marie, oui la Marie du premier épisode, devenue la femme d’Ajaiattrapéunrhume, va venir troubler le jeu de quilles ( Mölby peut-être!) suédois.

Alors oui, je ris toujours au blagues vaseuses, j’adore ça, cela a commencé en lisant des San Antonio à 14 ans, et je me réjouis toujours qu’un romancier français se lâche dans des péripéties qui nous font grimper aux rideaux, quand tout n’est qu’invraisemblances et que le fard à joue du clown déborde de partout!

Merci Romain!

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Tout sur mon chien de Alejandro PALOMAS

A priori un livre sur un chien ne m’attire pas forcément, je suis plutôt chat.

Mais lorsque c’est Alejandro Palomas qui reprend les personnages de la famille de son premier roman traduit en français, « une mère », ma curiosité est attisée. Et effectivement je ne l’ai plus lâché.

Le chien de Fer, (diminutif de Fernando) vient de se faire renverser, plongeant celui-ci dans le plus grand désarroi. Mais Amalia, sa mère, est là auprès de lui, dans l’attente de nouvelles, veillant sur lui, toujours aussi gaffeuse. Et chapitre après chapitre, l’auteur nous raconte la famille, ses liens, ses déboires, ses coups de gueule, la vie . Il a l’art de décortiquer les liens qui unissent cette mère si fantasque à ses trois enfants.

C’est une comédie, mais c’est aussi tendre et chantant comme la belle langue ibérique.

Hélène.

MISS de JEAN-CLAUDE LALUMIERE

Derrière ce titre et cette drôle de couverture, se cache Morgane Bellamy, originaire de Picardie, et fraîchement élue « Plus Belle Femme de France ». Elle y est arrivée en n’hésitant pas à piéger quelques-unes de ses concurrentes dans une compétition acharnée.
Bref, elle y est, et nous commençons donc à suivre la vie « trépidente » d’une Miss, sous l’autorité de Carole, la présidente surnommée la Baronne, et de son équipe simplement constituée de Karen qui gère l’emploi du temps, les réseaux sociaux, les rendez-vous… et de Thomas, le chauffeur, tous deux corvéables à merci par la Baronne. Avec tout l’humour de Jean-Claude Lalumière, nous découvrons un univers pas si glamour, d’une inauguration de supermarché à l’autre, et surtout dans l’ombre de la Miss précédente qui, malheureusement pour Morgane, est devenue Miss Univers!
Et si la lecture s’avère agréable, drôle et très réaliste, c’est que l’auteur a choisi un personnage intelligent, bien au-delà de la simple apparence.
Il décrit aussi très bien la province, sans jamais se moquer.
Assurément, vous ne regarderez plus les reines de beauté du même oeil après cette lecture savoureuse.

Platine Régine Detambel Actes Sud

J’ai voulu faire un croche-patte à la rentrée littéraire, il y avait ce petit livre avec cette sublime couverture de Jean Harlow. J’y ai mis le nez hier soir, j’ai bien fait, c’est tout simplement sublime de beauté et de violence, l’histoire de cette gamine faite femme, jetée comme une vierge dans l’arène des lions du cinéma hollywoodien des années 30.

C’est une petite voix, celle d’ Harlean Carpenter, cette petite chose manipulée par sa mère, dont elle prendra le nom comme pseudonyme, cette actrice adulée par la simple présence magnétique de ses seins qui transforme tous les hommes dans la caricature du loup de Tex Avery, la langue pendante, les yeux écarquillés.

Durant les vingt-six ans de sa courte existence, Harlean collectionnera les amants, les maris, les succès, les échecs, ballottée par la vie d’une starlette qui cédera aux diktats masculins, cherchera la lumière d’être aimée bien plus que de chercher à aimer, se laissera physiquement abîmer par la lueur des projecteurs qui la brûlera bien plus que les papillons qui vont se coller aux réverbères. C’est un petit livre à la résonance étonnante dans ces moments de #meetoo et de #balancetonporc. Harlean a quitté le monde en 1937, le corps à bout de force, telle une allumette qui aurait voulu croiser le feu de trop près. Un roman impitoyablement sincère et beau pour ce fétu de paille de Jean Harlow qui me hante depuis si longtemps.

JE TE PROTEGERAI DE PETER MAY EDITIONS DU ROUERGUE

Ce nouveau roman de Peter May se passe essentiellement aux îles Hébrides, et pourtant tout commence à Paris.
Ruairidh et Niamh MAcfarlane (prénoms gaéliques difficiles à prononcer) forment un couple amoureux comme au premier jour, et ensemble ils ont créé leur entreprise textile Ranish Tweed sur leur île, et commencent à connaître une belle renommée.
Mais ce soir-là, à Paris, la voiture dans laquelle a pris place Ruairidh avec la styliste russe Irina Vetrov explose, sous les yeux de Niamh.
Une enquête s’ouvre, menée par le lieutenant Sylvie Braque, qui va rapidement se déplacer en Écosse.
Peter May remonte alors chapitre après chapitre dans l’histoire du couple, de leurs familles, leurs amis, le succès et les jalousies qu’il peut engendrer. Tout ceci en nous donnant une description précise de ces lieus si découpés et accidentés.
L’intrigue, assez légère, nous fait quand même passer un très bon moment grâce à une écriture fluide, servie par la belle traduction d’Ariane Bataille, et des personnages attachants aux personnalités puissantes comme les côtes déchiquetées des Hébrides.

Hélène.

Morts par la France, Auteurs: Perna et Otero, Éditions: Les Arènes BD

Morts par la France et non pour la France. Cet album relate un fait méconnu de l’Histoire de France qui a eu lieu à la fin de la seconde guerre mondiale. Une centaine de de tirailleurs sénégalais ont été massacrés par l’armée française parce que celle-ci craignait une insurrection: les soldats coloniaux réclamaient, à juste titre, l’intégralité de leur solde que le gouvernement rechignait à leur verser. Celui-ci a fait état dans les médias de l’époque d’une trentaine de tués et s’est justifié par de la légitime défense.

On suit ici l’histoire de Armelle Mabon, étudiante historienne qui consacrera une partie de sa vie à faire triompher la vérité. Armelle enquête sur cet épisode sombre de l’Histoire afin que le gouvernement accepte de reconnaitre ses responsabilités dans ce massacre et restitue à tous ces soldats l’honneur qui leur est dû.

Magnifiquement illustré, cet album est d’une rare intensité. On ne peut s’empêcher d’éprouver à l’instar de Armelle, un sentiment d’injustice et de frustration face à la violence des dirigeants. Une lecture dont on ne sort pas indemne!

The hate u give, la haine qu’on donne; Auteur: Angie Tomas, Éditions: Nathan

Starr est une adolescente de 16 ans, joyeuse, pleine de vie évoluant dans une famille aimante et présente. Mais seulement voilà, Starr est noire et grandit Aux États-Unis dans un quartier rythmé par la guerre entre gangs et les violences policières. Violence dont elle sera malheureusement victime quand son meilleur ami Khalil se fera abattre devant elle par un policier blanc trop nerveux. Seule témoin de la scène, Starr va apprendre à lutter et à redresser la tête face à l’injustice contre laquelle elle fait face. Le quartier s’embrase, les médias s’affolent mais Starr reste digne et fière.

Immense succès aux États-Unis, ce roman est un véritable hymne à la vie. Le personnage de Starr est plein de justesse et de fraicheur et nous aide à croire, malgré l’atrocité de ce fait-divers, à la bonté et à la générosité des êtres humains.

A conseiller à partir de 16 ans