Miséricorde Jussi Adler-Olsen Albin Michel

Premier roman traduit en Français de Jussi Adler Olsen, Miséricorde est un nouveau thriller nordique, danois en l’occurrence.
Carl Mork, son héros, flic et désabusé, se retrouve nommé à la tête d’un nouveau service, une sorte de placard royal pour flic un peu rangé des voitures. Il est chargé de rouvrir des enquêtes non résolues.
La première qui se présente est celle d’une femme politique danoise qui a disparu lors d’une croisière. Avec l’aide de son assistant, Hafez el Assad (si si, Olsen a en plus de l’humour!), Morck va reprendre l’enquête à ses débuts et disons-le tout net, c’est rudement bien ficelé !
Ne vous en privez pas, on adore les personnages et comme on nous a annoncé de nombreux épisodes des aventures de Carl et Hafez, nous n’avons pas fini de nous réjouir!

 


Publicités

Les Brigades du Temps Tome 1 Duhamel/Kris Dupuis

Imaginons que Christophe Colomb soit assassiné à peine le pied posé sur le continent qu’il vient de découvrir, la face du monde en eût certainement été changée.

C’est bien pour ça que bien des siècles plus tard il fallut inventer les agents redresseurs des mésaventures de l’histoire, et dans le cas qui nous occupe, le duo plus qu’incertain composé de Stuart Montcalm et Dagobert Kallaghan.

Disons-le tout net Bruno Duhamel et  l’ami Kris ont sacrément dû s’amuser à nous concocter ce cocktail détonnant de science-fiction historico-déjantée « mâtiné » d’un peu tout ce qu’ils ont lu dans leur jeunesse.

C’est drôle, enlevé, absolument bourré de références aux glorieux aînés, donc un seul conseil: Foncez chez votre libraire préféré pour acquérir le premier tome des « Brigades du Temps »
et c’est à consommer sans modération!

Karoo Steve Tesich Ed. Toussaint l’Ouverture

Parfois, certains livres vous arrivent et vous n’en croyez pas vos yeux. Karoo fait partie de ceux-là!

Un vrai petit bijou de littérature américaine d’un certain Steve Tesich. On ne résume pas les 600 pages de ce roman tant tout y est dense et absolument foutraque.

Disons juste que Karoo est un de ces « script doctors » qui, aux Etats-Unis, sont chargés de remettre à l’endroit des scénariis mal ficelés.
Mais le Doc Karoo a surtout une vie personnelle et familiale qui se barre en… quenouilles, avec, cerise sur le gâteau, ce sentiment qu’il peut boire tant et tant, il ne connaît plus l’ivresse…

La suite? Un cocktail détonnant de cynisme assumé et la grâce d’une écriture absolument géniale!

Steve Tesich est mort très peu de temps après avoir terminé ce roman, c’est bien dommage, on aurait aimé lui dire tout le bien qu’on en pensait!

Metamaus Art Spiegelman Flammarion

Si je vous dis que je tiens Maus pour l’un des plus grands témoignages écrit sur la Shoah, au même titre que Primo Levi, David Rousset et tant d’autres, vous comprendrez que la sortie de Metamaus m’intriguait.

Et c’est fabuleux. Art Spiegelman a réussi à s’extraire de son œuvre, à en sortir littéralement pour nous offrir ce bijou, non seulement graphique, mais tout autant littéraire, émouvant, bouleversant à chaque page.

Dans ces mois où certains se replient sur identitaire et le populisme, le repli sur soi et la haine de l’autre, Metamaus met à bas toute cette connerie et nous montre combien il est important de parler, de comprendre, d’apprendre l’un de l’autre.

J’ai toujours pensé qu’il y avait un avant Maus et un après Maus. Désormais, il y a un avant Metamaus et un après!

Le sillage de l’oubli Bruce Machart Gallmeister

Des premiers romans comme celui-ci, j’en prends tous les matins!!!

Le sillage de l’oubli est de ces livres qu’ Oliver Gallmeister a le secret de dénicher au fin fond du Massachusetts.

Nous sommes à la fin du XIXème siècle dans un Texas où les parcelles de terre se disputent entre propriétaires. Emigré Tchèque, Vaclav Skala vit avec ses quatre fils. Eleveur de chevaux, il fait concourir Karel, son plus jeune fils dans des courses où des hectares sont en jeu.

Dans ces paysages âpres et sauvages, l’arrivée d’un propriétaire espagnol et de ses quatre filles va changer la donne une fois pour toutes.

Dans un style implacable, Bruce Machart nous livre ici un formidable roman d’aventures, de cruauté et de violence inouïe, mais également le portrait bouleversant d’une famille en quête d’un bonheur qu’elle aimerait saisir, qui l’obsède, mais qui ne se retient pas…

La Bataille Gil, Rambaud, Richaud Dupuis

Adapter « La Bataille » de Patrick Rambaud était une sacrée gageure tant ce roman était dense et foisonnait de points de vue différents.

Et c’est à cette tache ardue que Frédéric Richaud et Ivan Gil se sont attelé avec un vrai succès.

On retrouve parfaitement le livre de Rambaud et le dessin de Gil est absolument incroyable dans cette perfection à rendre la folie de la guerre.

Pour commencer l’aventure de la bataille, allez justement lire la très belle interview de Frédéric Richaud par Brieg Haslé sur le site Auracan BD:

http://www.auracan.com/Interviews/188-interview-entretien-avec-frederic-richaud.html

Ensuite, vous n’aurez plus que l’envie de vous lancer dans le premier tome de cette série qui en comptera trois.

Ce qu’il advint du sauvage blanc François Garde Gallimard

 

Pour son premier roman, François Garde nous conte l’histoire de Narcisse Pelletier qui, au milieu du XIXème siècle fut « oublié » sur une île inconnue australienne. Tiré d’une histoire vraie, le narrateur imagine ce que furent ses premiers temps dans cette contrée sauvage où il sera recueilli par un peuple aborigène, et surtout par une femme qui va lui sauver la vie. 17 ans plus tard, une goélette va le ramener à Sydney. Muet, prostré, on ne sait que faire de lui, mais comme il semble réagir à la langue française, on va le confier à Octave de Vallombrun, géographe aristocrate qui va lui réapprendre sa langue maternelle et le protéger. Tout le roman alterne entre la réadaptation contée de manière épistolaire par Octave et la vie de Narcisse sur cette terre si inhospitalière pour un européen. Très bien écrit, le roman ne nous donne pas toutes les clés, mais il nous incite à réfléchir sur les civilisations et leur évolution ainsi que sur les buts de la colonisation… L’Académie Goncourt ne s’y est pas trompée en lui accordant le Goncourt du premier roman!