Un peu de Rock’n roll dans votre bibliothèque

 

 

 

De l’intime à l’absolu…

Quoi de plus intime qu’une lettre manuscrite, quoi de plus absolu que la mise à nu d’une autobiographie ? Et c’est certainement la raison qui rend ces deux témoignages si attachants. De l’un on pensait tout savoir, de l’autre on ne savait rien. Des lettres de John aux mots de Neil, c’est toute une époque qui se dévoile.

Evidemment, j’entends les perplexes qui se demandent ce que viennent faire ensemble ces deux icones du rock (oui, je sais, il n’y a que John comme icone…), qui ne se ressemblent pas, qui ne se sont pas vraiment croisés, à part ce 21 septembre 2001 quand Neil a chanté Imagine en hommage aux morts du 11 septembre, (j’attends la photo d’un plus fondu que moi de ces deux ensemble !), mais qui, chacun à leur manière ont donné au rock plus que la discographie entière de Rina Ketty !

Aussi, autant vous donner un conseil. Il faut lire les deux livres en même temps, grappiller un chapitre chez l’un pour continuer chez l’autre, et ainsi se rendre compte qu’il n’est pas toujours facile de devenir et John Lennon et Neil Young !

Le 8 décembre 1980, au pied du Dakota Building, Mark David Chapman a mis fin, de cinq balles dont une seule manqua la cible, à la vie de John Lennon. Je m’en souviens comme si c’était hier, j’ai pleuré une bonne partie de la matinée, j’ai retrouvé un copain qui pleurait autant que moi, on a pris les guitares et joué «  Let it be » et puis « Heart of Gold ». Il était écrit qu’un jour les lettres de John rejoindraient les accords de Neil, que tout ça s’imbrique comme des riffs de legos, « Hey hey, my my, Rock’n roll will never die ! »

Difficile de vous cacher, après ce que vous avez lu précédemment, qu’il faut quand même une bonne dose d’amour fou, et pour l’un, et pour l’autre pour vous laisser entraîner vers ces pages qui résument à elles seules plus de quarante ans de routes défoncées, de concerts glauques, de guitares saturées, de pianos désaccordés, d’amours désenchantées, de nez enfarinés, de colères exacerbées.

Et je ne m’en lasse pas. Finalement, par le petit bout de la lorgnette, on apprend énormément. Sur le fait que John était quand même un vrai « Jealous Guy » et qu’une fois arrimé à Yoko, plus rien n’existait. Et que Neil cachait, dans le rauque de sa voix, les vies de Zeke et Ben, ses deux enfants handicapés.

Dans les mots de Neil et dans les lettres de John, ce qui est finalement le plus important, c’est cette capacité à dépasser le commun  de la vie, à rendre chaque jour un peu plus extraordinaire, non pour eux, mais pour les leurs, Yoko, Sean, Pegi, Zeke, Ben et Amber. On suit Neil au volant de son bus, allant de concert en concert autant qu’on lit l’écriture tremblée de John quand il incendie Paul à propos de la rupture des Beatles.

Je ne sais pas s’il est possible de poser une équation valable dans le temps sur le rock à partir de ces deux livres. En les refermant, il m’est apparu cette évidence, il n’y a rien d’écrit dans les tables de la loi du rock pour mourir jeune et adulé ou pour continuer à donner du bonheur à plus de soixante ans passés. Et si l’un a écrit Imagine, l’autre a écrit Out on the weekend, et cela suffit amplement à me remplir de joie. Chacun suit son destin et si celui de John s’est malheureusement éteint en 1980, il n’en demeure pas moins que l’humanité de Neil est quelque part le calque de celle de John.

Ils ont tous les deux cette raison simple, prenez votre guitare, plaquez trois accords, grattez- vous la gorge, écrivez encore une chanson qui va de l’intime à l’absolu…

 

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