Labour sul, labour nul!

doit vous expliquer une chose. Voui, la Librairie Saint Christophe sera fermée le dimanche 23 décembre. Voui voui voui!!! Parce que le dimanche, je le consacre à autre chose qu’à la société de consommation, je le consacre à ma famille (mon fils arrive samedi soir, je ne l’ai pas vu depuis 8 mois!). Et le dernier dimanche avant Noël, je le passe dans ma cuisine.

Je fais des gougères et des choux à la crème pour mes enfants et pour ma chère et tendre. Je reprends des forces auprès des miens pour être à fond le lundi 24 avec Père Noël sur mon épaule. Ai-je le droit de ne pas travailler sept jours sur sept ? C’est juste une question. J’ai ma réponse et qu’est-ce que je vais être heureux de vous retrouver lundi matin, le ventre plein de choux à la crème, glace vanille et caramel au beurre salé made in la maison!!!

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Un repas en hiver Hubert Mingarelli Stock

mingarelli

Encore une fois, Hubert Mingarelli réussit à émouvoir avec un sujet terrible.

Quel est ce repas en hiver sinon la dénonciation de l’absolue bêtise de la guerre, la connerie qui consiste à opposer des hommes aux autres hommes pour la simple gloriole de quelques autres.

Ici, il fait froid et pour prendre ce fameux repas, il faudra brûler tout le bois disponible, et surtout la porte de la resserre où est enfermé le Juif.

Ils sont  donc cinq, les trois Allemands à qui on a demandé de trouver du Juif à abattre et ce Polonais que nul ne comprend sinon qu’il n’aiment pas les Juifs, bien plus que les trois Allemands.

Dans ce huis-clos terrible, dans le gel de la maison, autour du feu qu’il faut ranimer pour faire cuire le brouet de la soupe, le saucisson, il y a les voix de ces hommes, leurs interrogations, des regards, des gestes. Il y a cette guerre qui n’a plus de sens, cinq hommes confrontés à leurs destins. Encore un magnifique roman d’Hubert Mingarelli.

Mise à jour des dédicaces de décembre!

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Westfront Fabrice le Henanff 12 bis

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C’est la fin, la fin d’un tout, d’une guerre, la fin des illusions perdues pour des soldats perdus. C’est ce moment où on ne sauve rien, sinon sa peau. Il n’est pas question d’autre chose que de vivre, vivre encore un peu.

Il n’y a que des vaincus en fait, car même ceux qui viennent mettre Berlin en ruines ont de drôles de profils. Chacun a quelque chose à fuir.

Fabrice le Henanff est un virtuose du trait et de la couleur. Ce qu’il restitue ici a le goût du métal et du Panzerfaust, ce goût aussi du sang qui imprègne les pages. De mirages en faux semblants, il nous entraîne dans les pas de ces soldats qui se sont trompés de guerre, qui n’ont jamais cru à un idéal mais qui ont fini sous les balles, dans une clairière, tous sauf un…

Un album à ne rater sous aucun prétexte!

De la cuisine pour tous et toutes!

Trois livres parmi d’autres pour vous donner l’envie de venir fouiller dans notre rayon cuisine. J’avoue que c’est un de mes péchés mignons et c’est pour cela que j’ai eu envie de vous parler des ces trois-ci. Mais il y en a plein d’autres, dont je vous parlerai certainement très bientôt!!!

hiver gourmandCuisiner en hiver, c’est souvent une histoire de feu, de la soupe qui y cuit, de la viande qu’on rôtit, de ces retours de promenades où le nez froid et les doigts gourds, on se réchauffe autour d’un thé et de gâteaux tout juste sortis du four. C’est à cette invite que nous convie Matthew Evans, chef australien devenu paysan, autour de recettes simples mais qui ont ce goût de fumé et d’authenticité qui exprime des saveurs anciennes où la pomme de terre colle au fond de la cocotte, où le jus de viande accompagne le chou braisé. Ici, on ne cherche pas à moléculer la cuisine, on sort la fonte et le saindoux, l’assiette est bien pleine et il peut bien geler dehors, on sait que cette cuisine nous tiendra bien au corps. Et c’est assez réconfortant de constater qu’un Australien bon teint peut nous émoustiller avec une épaule d’agneau braisée au fenouil sauvage et aux pommes de terre… Il ne reste plus qu’à nous mettre aux fourneaux et suivre ses conseils.

lackbergJe suis souvent réticent quand on me convie à la table d’un auteur de polar, me demandant toujours à quel moment le poison sera versé dans le verre ou le potage. Mais Camilla Läckberg a,  avant tout,  voulu rendre un hommage au fameux port de pêche de Fjällbacka  . Retrouver les odeurs de l’enfance, les goûts qui l’ont marqué comme les fameuses «  Krabbelures » que confectionnait son père. Avec Christian Hellberg,  un chef suédois renommé, elle a revisité sa cuisine suédoise en lui donnant un joli esprit de nouveauté. Ce n’est donc pas un ouvrage de chef avec des recettes irréalisables, mais celui d’une amoureuse de la table et du repas qui nous convie tout simplement à l’accompagner dans sa cuisine. On y trouvera des associations originales pour un palais français et surtout la bonne humeur de Camilla Läckberg, ingrédient indispensable pour tout cuisinier qui se respecte.

gourmandiseÊtre un Dictionnaire de la gourmandise, n’est-ce pas déjà être une invitation à dévier du bon chemin et à se laisser entraîner vers ces goûts, ces saveurs qui hantent nos palais ? Certainement, et c’est pour cela qu’on se laisse guider au fil des lettres vers cet inventaire des douceurs qui ont bercé nos enfances, ces odeurs de cuisine, de four entrouvert, de chocolat fondant dans les jattes et que nous attrapions d’un doigt preste. De l’Antiquité à nos jours, nos sens n’ont fait qu’affiner la gourmandise pour la rendre quelque part indispensable. Mais qui dit gourmandise ne dit pas nécessairement luxe de produits, elle n’est que la conséquence du plaisir qui nous rappelle que le plus doux des raffinements peut se trouver dans une compote de pommes, car il n’est d’important quand on est gourmand que de se laisser gouverner par l’envie et le désir. Et c’est bien de cela que nous parle Annie Perrier-Robert dans ce magnifique précis qui invite à la désobéissance sucrée…

L’amour sans le faire Serge Joncour Flammarion

joncour

Dans ce roman à l’écriture soignée, Serge Joncour nous conte la vie de Franck, jeune homme un peu à la dérive, tant professionnelle que sentimentale. Il se décide à retourner vers ses parents qu’il n’a pas vu depuis dix ans.

C’est chez eux qu’il va découvrir Alexandre, bambin de 5 ans, qui porte le prénom de son frère disparu tragiquement. Peu à peu, une grande complicité va les lier, encore plus avec l’arrivée de Louise, la maman d’Alexandre.

Tout est dit avec finesse et intelligence dans ce roman qui raconte aussi la province, sa douceur et surtout le fait qu’on peut bien sûr y vivre heureux. C’est beau aussi l’amour sans le faire.

Hélène

 

Moi René Tardi prisonnier de guerre au Stalag II B Tardi Casterman

tardiQue voulez-vous que je vous dise d’autre que les autres: Oui, attention chef d’œuvre total que cette dernière bd de Tardi.

Histoire de son père, emprisonné durant 5 ans en Poméranie, mais bien plus que ça, c’est une impressionnante reconstitution de la vie des prisonniers de guerre français durant la seconde guerre mondiale. Et si la Shoah avait déjà été souvent l’objet de Bandes dessinées de haute volée (ne prenons que Maus de Art Spiegelman au hasard!), les camps de prisonniers ne l’avaient jamais été, du moins avec cette force que donne le dessin de Tardi.

Bref, rien d’autre à vous dire qu’il faut lire ce magnifique album, si j’osais, je vous dirais: C’est un ordre!