Les dédicaces du mois de juillet!

uguenLe lundi 15 juillet, de 10h30 à 12h30, dédicace de Maurice Uguen, skipper du Captain Hatteras, parti avec ses équipiers à la recherche du fameux passage du nord-ouest, entre Groënland, Canada et Pôle Nord.

 

 

 

quelennec  Le lundi 22 juillet, de 10h30 à 12h30, dédicace de Michel Quélennec pour son ouvrage « La fumée au-dessus du toit ».

Michel Quélennec, dernier enfant d’une grande fratrie de Guiclan, dans le Léon, s’est penché sur le passé des siens, et à travers eux, sur la vie rurale de ce XXe siècle : travail, valeurs, ruralité, économie, vie sociale et politique sont dépeints de façon vive et précise, et on comprend mieux ce qui, pas à pas, a façonné la société bretonne actuelle. Un témoignage précieux sur un siècle charnière.

 

 

jacob noiret Enfin, le  lundi 29 juillet, de 10h30à 12h30, dédicace de Thérèse Jacob-Noiret pour son récit « Jésus, Marie, Joseph! »

 

Ce livre est un témoignage humain d’une intensité exceptionnelle. Vous y traverserez les multiples avatars qu’une adolescente pleine d’énergie réussit à surmonter. Vous sympathiserez avec l’étonnante hardiesse – pour l’époque – de sa vie affective et sensuelle.
La confession de Jeanne nous entretient de conditions humaines qui n’existent plus : la Bretagne rurale des années 1940 à 1950, entièrement soumise à l’Église ; l’éducation dans les pensionnats religieux ; la couture et la broderie ; l’amour avant la pilule ; le temps où l’on trouvait facilement du travail – quitte à galérer entre les renvois.
Tout cela est vécu par une fille rebelle et décidée, qui se sort de toutes les difficultés. Avant de rencontrer un beau légionnaire qui a des paillettes dorées dans les yeux, elle vit un grand amour atypique avec un autre original, un religieux, tendre, sensuel, respectueux et surtout d’une joyeuse générosité.
Ces existences si différentes sont restituées dans ce livre avec une émouvante justesse.

Un p’tit tour dans la jeunesse!

bob le loup  Mais oui, encore une histoire de loup, me direz-vous! Mais quand Tiloup est malade et que sa maman appelle à l’aide, qui se pointe sous la fenêtre, sinon Bob le Loup, tout rouge, tout affreux, même qu’il a pas de maison, car qui voudrait vivre avec Bob le Loup, l’affreux, le méchant au gros ventre et au long nez, je vous le demande?

Ben personne, bien évidemment!

Mais il faut sauver Tiloup et que croyez-vous qu’il advint? Qu’il faut parfois se méfier des préjugés, que l’habit ne fait pas le moine, que un vaux mieux que deux tu l’auras!

Bref, allez voir comment Bob le loup va tirer profit de la situation!

Bob le Loup Jean-Luc Le Pogam. Ronan Badel  P’tit Glénat

 

elzbieta

Dans un tout autre genre, la grand Elzbieta nous revient avec un album encore magique. Petit fiston, le petit clown du cirque Gala Royal se retrouve orphelin, mais Monsieur Loyal, son père (pas très gentil le père, plutôt bête même!) la remplace par une autre reine (un peu folle, hein, un peu marâtre la nouvelle reine!). Petit fiston lui ne veut que sa maman, mais comme il devine qu’elle ne reviendra pas, il quitte le cirque, à la recherche de sa maman.

Évidemment, c’est sur les chemins qu’il fera connaissance avec la peur, l’amitié, la cruauté. Car c’est la vie, et même avec toute la poésie d’Elzbieta, certaines fréquentations sont à éviter. En quatre cases par page, on suit les pérégrinations de Petit Fiston tout au long de son périple.

Et comme c’est beau comme du Elzbieta, on ne s’en lasse pas (et puis ça finit bien!!!)!

Petit Fiston Elzbieta Rouergue

 

armand

Un autre road-book pour la jeunesse. Cette fois-ci, c’est Armand qui en a marre de son papa. C’est bien connu, les papas sont énervants au possible et l’idée, ce serait d’en changer.

Vous vous doutez bien qu’il va en rencontrer des papas de toutes les sortes, de toutes les tailles. Oui, mais voilà le problème, ils ont beaucoup de défauts les autres papas (un peu comme le mien pense Armand, mais en pire, je crois!).

C’est souvent en allant voir ailleurs qu’on se rend compte qu’il fait bon chez soi, finira par penser Armand, en rentrant voir son papa qui ne lui en voudra pas!

Armand veut changer de Papa René Gouichoux Ginette Hoffmann Mijade

 

gorille

 

Et pour finir, la chasse au gorille est déclarée! Lord Dickinson, explorateur grassouillet, stupide et prétentieux, part chasser le gorille, comme tout bon explorateur se doit! Mais non content d’être stupide, c’est également un fieffé menteur qui tourne toutes ses aventures à son seul profit, en inventant des exploits qui n’en sont vraiment pas.

Tout cela pour bien faire comprendre à nos chères petites têtes blondes qu’il ne faut jamais se voir plus beau…

 

Chasse au gorille Stéphane Henrich Kaleidoscope

Deux vies valent mieux qu’une Jean-Marc Roberts Flammarion

roberts  Certains livres vous attirent. Pourtant vous résistez. Vous vous demandez ce qu’il y a à gratter dans ce petit opuscule qui va se lire en une heure à peine. J’attendais depuis deux mois, je le voyais tous les jours. La fille qui sort de l’eau sur la jaquette, la mer émeraude. Je savais de quoi parlait le livre, et sans doute cela me faisait peur.

J’avais connu Jean-Marc Roberts il y a une douzaine d’années. Nous avions parlé du métier d’éditeur, de celui de libraire. Il avait un sourire las et un regard qui portait au-delà de l’avenue où nous parlions. Je ne sais s’il m’écoutait vraiment, j’avais envie de le croire. C’est aussi pour ça que ce livre attendait.

Récit dernier de cette confrontation entre sa maladie et ses jours heureux d’adolescence en Calabre, Jean-Marc Roberts nous laisse un magnifique hommage à la vie, ultime pirouette de ses vies qu’il égrène par les yeux de ses enfants, des femmes qu’il a aimées. Tout en tendresse, avec cette manière si personnelle de dire des choses graves avec légèreté, Monsieur Roberts, je peux vous assurer que vous avez soigné votre sortie avec cette élégance que je vous ai toujours vu porter.

 

Le linguiste était presque parfait David Carkeet Monsieur Toussaint Louverture

carkeet  En considérant que l’institut Wabash est rond, que le bureau d’Arthur Stiph, récemment décédé de mort violente est situé à la gauche du bureau du chef, que celui de Cook est en face de ce taré de chef, que la voiture de Cook présente des marques de choc qui pourraient laisser croire à la rencontre d’un crâne humain avec la dite voiture, que tous les linguistes de ce foutu institut présente des signes avancées de maladies psy…quelque chose, que chaque mot prononcé est analysé, et que traînent dans les parages l’Inspecteur Leaf, persuadé de la culpabilité de Jeremy Cook et de son véhicule dans la mort de Stiph et Philpot, journaliste pigiste tentant de comprendre comment fonctionne ce foutu institut où l’analyse linguistique confine parfois jusqu’à l’absurde le plus parfait, vous aurez une idée de l’inventivité de David Carkeet dans ce roman qui ne ressemble à rien d’autre, tant il ne ressemble qu’à lui-même.

What else? Et bien c’est un roman policier qui n’en est pas un, bien que l’intrigue se déroule de A jusqu’à Z avec parfois un crescendo aux alentours de N, voire O si on saute une ou deux pages. C’est un roman américain aux accents tellement britanniques qu’on y reniflerait parfois un bon vieux sachet de thé. C’est un roman ou rien ne se passe comme il est de bon ton de se passer, car le propre du linguiste étant d’autopsier la phrase précédente, le temps qu’il le fasse, il y a deux phrases de passées et où en sommes-nous alors? Je vous l’demande!

Bref, en un mot comme en cent, si cela ne ressemble à rien d’autre, ce roman est évidemment pour vous (à moins que…!)

Dictionnaire amoureux de la Bretagne Yann Queffelec Plon

queffelec 

 

« Je me souviens » disait Georges Perec. C’est à cette sorte de gageure que Yann Queffelec s’est astreint en nous parlant de sa Bretagne. La sienne, la nôtre aussi, car si elle est multiple, elle se donne souvent aussi à ceux qui n’en viennent pas. Ici, rien ne se finit, mais tout commence…

Le propre des dictionnaires spécialisés est d’exclure et s’il s’agît d’un dictionnaire sur la Bretagne, ne serait-ce que l’envisager est toujours un sujet de conversation qui peut tourner à l’aigre (comme le lait ribot, pourquoi il parle pas du lait ribot…) ou au sucré (cinq pages sur le Kouign- amann, page 475 et suivantes, pour faire prendre du poids aux touristes ! Gast, pas de page dommage !). Oui, il y a autant de bretons que de criques où le « glas » (page 344) est parfois bleu ou vert, tout dépend évidemment de l’endroit où on se place.

Ils ont bien fait de faire confiance à ce brennig (page 175) de Queffelec, ce breton collé à son rocher de l’Aber-Ildut qui venait par le train (à l’époque neuf heures de Paris à Brest, la Bretagne, ça se gagne !) en regardant tout devant en attendant la mer. Il en faut de la patience et de la longueur de temps pour appréhender ce pays de mer, l’Armor, et de terre, l’Argoat, ce pays qui se divise en querelle de clochers et qui se soude derrière sa bannière en Gwenn ha Du (page 382).

Nul n’échappe à son pays, nul ne sait mieux y revenir aussi qu’un Breton égaré vers la capitale. Il lui faut parfois du temps, des années même avant de remettre les pas de ceux de sa « mamm », cette mère ici révérée au-delà du possible. Et c’est en arpentant les plages, en bouffant du vent à en tomber à la renverse, en laissant la marée se cacher et en courant à la montante, le bas du pantalon mouillé, qu’il est allé de A jusqu’à Z ce bon brigand de Queffelec ! Il faut dire que son sang est fait du sel (page 703) des paludiers, celui qu’on rajoute au beurre une fois franchi les frontières de notre pays ! Evel just !