Bel-Air Lionel Salaun Liana Levi

bel air

Il y avait déjà eu le formidable « retour de Jim Lamar ». Quoi de plus difficile après un premier roman unanimement salué et bardé de prix littéraires que de transformer l’essai. Avec ce nouveau roman, Lionel Salaün réussit admirablement ce pari, car Bel Air est tout à la fois totalement différent dans la forme et dans le fond, mais il nous emmène aussi sur les chemins des petites gens, ceux qu’on ne voit, ceux qui se cachent dans les banlieues ouvrières.

Bel-Air, c’est un bistrot, avec son patron et ses habitués. C’est aussi le refuge des jeunes du quartier qui en pincent pour la serveuse, ce sont les rouges limés, les demis qui gouttent, les dialogues de zinc, c’est le début de la guerre d’Algérie, tout un racisme ordinaire qui se dit à mots doux, avec des sourires en coin, des regards qui traversent la vitre.

Bel-Air, c’est la traversée d’un monde qui se transforme, d’une amitié morte, c’est un de ces livres qui s’incruste en vous tout autant qu’un amour aperçu, qu’une baffe salutaire, qu’un matin blême, qu’un jour ajouré, qu’un bruit de moteur qui s’enfuit dans la nuit, qu’un slow avec Cathy, qu’une flèche en néon qui affiche « Bel-Air », comme ce lendemain qui ne viendra plus, comme ce passé détruit par les pelleteuses.

 Bel-Air est un livre qui a la beauté des photos de Doisneau, avec Maurice Ronet qui traverserait la place au bras de Bernadette Laffont.

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