Palmer en Bretagne René Pétillon Dargaud

palmer  Pétillon revient en Bretagne, non plus sur les traces de sa jeunesse, comme il l’avait fait pour « Super Catho », avec Florence Cestac au dessin, mais avec son bon vieux Jack Palmer, garde du corps cette fois d’un prétentieux parigot.  Comme à son habitude, il détricote tous les clichés, tant ceux de la Bretagne éternelle que l’incurie des milliardaires. Alors on rit de la bêtise des uns et des autres et on aime cette manière si habile qu’a Pétillon de forcer le trait, tout en manifestant une empathie certaine pour certains de ses personnages.

 

 

 

 

Une semaine sur France Culture avec Augustin Trapenard!

Le carnet du libraire d’Augustin Trapenard m’a accueilli sur les ondes de France Culture durant la semaine du 16 au 20 septembre. Cinq chroniques sur cinq livres bien différents que je vous propose de réécouter sur le site de la librairie.

Le lundi 16 septembre, le dernier roman de Romain Slocombe au Seuil: Première Station avant l’abattoir

Pour écouter l’émission, cliquez ici!

slocombe

Le mardi 17 septembre, la magnifique « Lettre à Helga » de Bergsvein Birgisson aux Editions Zulma

et pour l’émission, cliquez ici!

helga

crocolion

Le mercredi 18 septembre, je vous ai parlé du Crocolion d’Antonin Louchard, chez Thierry Magnier, l’animal le plus dangereux de la création,

et pour réécouter c’est ici!

 

 

 

Un roman français pour le jeudi, et quel roman avec l’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa de Romain Puertolas au Dilettante! Et pour l’émission, on clique ici!

fakir

Petites morts Charlotte Roche Flammarion

couv roche

Vouloir résumer le roman de Charlotte Roche aux prouesses sexuelles de son héroïne serait bien trop simple. Car si c’est de cet abandon qu’elle nourrit sa capacité à vivre, il y a chez Elizabeth Kiehl, son héroïne, cette volonté de réussir sa vie.

Elizabeth et Georg forment un couple recomposé tout ce qu’il y a de plus banal, deux enfants d’une première union, des relations complexes avec les ex, sauf cette propension d’Elizabeth de vouloir se rassurer par le sexe. Tout ce qui la rattache à sa propre vie la ramène à la veille de son premier mariage, quand sa mère et ses trois frères furent victimes d’un accident de la circulation qui vit la disparition de la fratrie. Obnubilée par le drame, elle tente de remettre en ordre toutes les pièces du puzzle épars, explosé comme la voiture calcinée, se livrant alors à une introspection redoutable, fouillant jusqu’à la plus intime part de son être pour comprendre, analyser et reprendre le cours de sa vie, malgré la douleur et la perte. Bien évidemment, au travers de son personnage, son double de littérature, Charlotte Roche se délivre de ses propres inhibitions et nous raconte ses peurs, ses doutes. Comment peut-on être une femme épanouie en ce XXIème siècle sans céder aux diktats des médias, sans se conformer à l’image que l’on renvoie, au trouble que l’on peut faire naître chez l’autre, son mari, ses amis ? Si on peut évoquer l’autofiction française, de  Christine Angot en passant par Virginie Despentes, ici Charlotte Roche rompt avec une tradition allemande qui veut qu’on ne parle pas de ces choses en public et c’est ce qui lui a valu une certaine polémique dans son pays.

Alors témoignage glauque ou roman cherchant le sensationnel, il est évident que c’est typiquement le genre d’ouvrage où on peut s’écharper en le jugeant inutile, racoleur, sans intérêt, mais il est une chose certaine, quand vous le refermez après l’avoir terminé, il en reste une atmosphère étrange, un peu évanescente, sur la puissance de la vie contre la mort.

Toute la noirceur du monde Pierre Mérot Flammarion

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Depuis « Mammifères » en 2003 qui l’a fait connaître au grand public, Pierre Mérot continue sa traversée de notre société. Ici, ça grince noir à toutes les charnières !

Jean Valmore, enseignant en arrêt maladie, suite à une altercation au lycée, traîne autant dans sa vie que dans ses amours en pointillé. Or, tout le monde sait que le désœuvrement mène rarement vers la lumière. A force de romans policiers refusés par les éditeurs, d’incompréhension de ses collègues, Valmore va glisser vers l’extrême-droite, non par conviction, simplement pour : « Il est intéressant d’être du mauvais côté. Il est intéressant d’avoir tort. »

Lucide sur cette société aseptisée, où la moindre aspérité dans le discours vous fait passer pour un extrémiste, quel qu’il soit, Valmore va se laisser filer jusqu’à l’absurde, jusqu’à la folie. L’engrenage dans lequel il prend plaisir à se laisser glisser, comme une vague que rien ne peut arrêter, va le mener jusqu’à l’irréparable.

Toute l’agitation médiatique qui a précédé la publication de ce roman paraît vraiment vaine, car ce que Mérot dénonce, c’est justement cette propension qu’à la société actuelle à se prémunir, à lisser autant le goût des plats dans les cantines que les mots des écrivains dans les romans.