Ailleurs Richard Russo Quai Voltaire

russo  Je me suis souvent demandé pour quoi j’aimais tant les livres de Richard Russo. Je cherchais à comprendre si cela ne tenait qu’à la formidable gentillesse de l’écrivain, ce regard si bon qu’il porte tant sur les choses que sur les gens, cette admirable capacité à fouiller la psychologie de ses personnages. Depuis  » Un homme presque parfait », paru en 1995, je suis son œuvre qu’il sculpte, livre après livre, en évoquant des destins qui lui ressemblent, dans des villes qui lui ressemblent. Et c’est finalement avec « Ailleurs », ce dernier livre qui paraît cette année, qu’il nous dévoile l’intime de sa vie et aussi de son écriture. Livre sur sa mère, mais pas seulement, car si elle est le fil rouge de ce récit bouleversant, Richard Russo nous parle aussi de lui, de ses doutes que l’enfance ne sait pas voir, des peurs qu’on ne peut nommer et qui viennent s’agglutiner sur notre propre vie, jusqu’à en changer le déroulement.

« Ailleurs » fera date dans le parcours de l’écrivain Richard Russo, mais aussi dans celui de l’homme. Ayant réussi à comprendre la folie de cette mère douloureusement présente, il nous permet de donner sens à tout ce qui le rend si singulier, un homme bien qui a réussi à aller au-delà de la douleur pour transcender son existence.

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Première station avantl’abattoir Romain Slocombe Seuil

slocombe  Lire Romain Slocombe, c’est à chaque fois une expérience nouvelle, tant il réussit à créer des ambiances nouvelles à chacun de ses livres. ici, il nous renvoie à la Conférence de Gênes en avril 1922. S’y retrouvent des diplomates de tous crins, des espions à la solde de un peu tout le monde et de personne en particulier, des journalistes qui fourrent leur nez là où il vaudrait mieux pas, des secrétaires callipyges bilingues, trilingues et plus si affinités. Bref, une tour de Babel qui doit régler les problèmes du monde de l’après première guerre mondiale. Dans ce maelstrom coloré, Ralph Exeter , journaliste du London Daily World, journal communiste anglais, va se retrouver embringué dans des aventures dont il ne maîtrise pas tous les tenants et les aboutissants. Sorte de marionnette aux mains des Russes ou agent double au service des Anglais, il va se coltiner la police italienne aux fesses, se retrouver dans le bureau de Mussolini pour s’échapper vers la France quand…

Non, je ne vais pas vous raconter ce furieux roman d’espionnage où la petite histoire se mêle si bien à la grande qu’on n’ arrive plus à dissocier le vrai du faux. C’est diaboliquement écrit et la fin nous réserve ce que l’on demande évidemment à tout bon roman d’espionnage, une chute imprévisible!