L’euphorie des places de marché Christophe Carlier Serge Safran Editeur

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Je vous avais déjà dit beaucoup de bien du premier roman de Christophe Carlier « L’assassin à la pomme verte » qui paraît ces jours-ci chez Pocket. Et je vais continuer avec ce second roman qui a la même manière de parler des relations humaines tout en déplaçant ses sujets dans le monde de l’entreprise.

C’est au travail qu’on passe sa vie et c’est souvent là qu’on y découvre tout ce qui fait la comédie humaine. Ici, c’est le trio Norbert, Agathe et Ludivine qui jouent les scènes et les drames. Christophe Carlier aime à troubler la mécanique du monde, en y saupoudrant un peu de folie boursière, en faisant alterner férocités et humour grinçant. Parfois, les murs se fissurent, les vernis craquent, et tout se dissout. Ici, tout est dans les non-dits, dans les phrases en suspens, dans cette virtuosité de l’auteur à nous mener par le bout du nez.

C’est acide comme une vieille eau de vie qui vous râpe la gorge et vous met la larme à l’œil.

Femme nue devant sa glace Jean Grégor Fayard

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Au cœur de Nathalie

Cette femme nue devant sa glace, c’est Nathalie, petite pute qui louche sur le boulevard des Maréchaux. En mars 2004, Gérard Robence, flic de son état, la retrouve à moitié morte sur le dit boulevard. Tout cela aurait pu s’arrêter là, mais pas pour Gérard.

Dans le passé de Robence, il y a des jours noirs, ceux de sa fille qu’il n’a pas vu, pas su, pas pu laisser s’enfoncer dans le monde de la drogue. Va savoir. Alors la petite Nathalie, il s’y attache, il remonte dans son passé. Il fait son boulot d’enquêteur, même s’il n’est pas payé pour. C’est comme ça qu’il croise Ted Marchal, dessinateur, le dernier mec de Nathalie, et aussi Jean-Marc, qu’elle avait aimé comme une dingue, qu’elle attendait à Paris, mais qui ne vint jamais, sauf pour… Par petites touches impressionnistes, c’est tout un monde qui se révèle.

C’est une histoire simple que nous raconte Jean Grégor, l’histoire d’une fille qui dérape pour une simple histoire de Camel fumée sur un trottoir. Et ce qui pourrait, de prime abord, passer pour un roman futile nous mène peu à peu vers la noirceur des âmes, vers ce moment où l’homme bascule dans la tragédie, sans grandiloquence, sans effets spéciaux, tout simplement parce que l’homme est souvent lâche au moment où il lui faudrait de la grandeur.

C’est un petit livre avec un très beau dessin de Loustal sur la couverture qui nous dit un peu tout. C’est un très beau petit livre avec une musique intérieure qui griffe le cœur…