En plein dans la rentrée littéraire!

Vous vous demandez peut-être ce que je fais en ce moment, vu que je publie peu sur l’actualité littéraire du trimestre! Eh bien, je dévore déjà tous les livres que vous attendez au mois d’août et septembre. Nous avons cette chance de pouvoir lire avant vous, sous les formes les plus spéciales parfois les romans qui vont venir occuper nos tables dès le 16 août cette année. Et comment vous dire, on se régale souvent, on est surpris parfois, on a des confirmations, des petits nouveaux qui viennent frapper à la porte de cette fameuse rentrée littéraire franco-française.

Alors, je vais juste vous lancer quelques noms au hasard, Pierre Raufast pour un roman étonnant  » La variante chilienne » qui fait plus que confirmer « la Fractale des raviolis » de l’année dernière, Gérard Mordillat pour un roman ironique et drôle sur le monde du capitalisme échevelé, Hubert haddad avec deux romans aussi dissemblables,chez Zulma, l’un que l’autre, mais qui interrogent tant sur la littéraure avec « Mâ » que sur l’éthique et le désir avec « Corps désirable ».

J’ai également adoré un roman anglais d’une vieille dame de la littérature anglaise, jamais traduite en France, le début d’une trilogie, « le maître des apparences » de Jane Gardam chez Lattès, l’histoire d’un juge dans la traversée du vingtième siècle, et toujours en littérature étrangère, « Neverhome » de Laird Hunt, une plongée tragique et étouffante dans la guerre de Sécession, au prisme de la vie d’une jeune femme qui va partir faire la guerre en lieu et place de son mari. Un grand roman de sang, de violences, mais peut-être aussi d’amour dans la plus pure tradition, quelque part, de la tragédie grecque!

Je vous en dis plus dans quelques semaines, le temps de peaufiner les articles, de découvrir les couvertures, de vous donner des interviews, bref, un peu de patience!

Dans la brume du Darjeeling Mikael Bergstrand Gaïa Editions

danslabrumedudarjeeling_hd Göran est un cinquantenaire suédois, divorcé depuis peu et l’ennui est devenu le fil conducteur de sa vie. Il nous donne l’impression d’un homme en train de tout lâcher, laissant mélancolie et solitude le submerger. Seule sa fille semble capable de le faire réagir un peu. Sur ses conseils, il fait l’effort de consulter un psy. Ce dernier lui conseille de rencontrer du monde, de sortir de cette torpeur qui l’inhibe. Au tréfonds de son âme, le souvenir de son dernier séjour de quatre mois en Inde, au cours duquel est née une amitié profonde entre lui et Yogi, le pousse à repartir.

Et c’est sur un quiproquo d’une grande drôlerie (que je ne vais évidemment pas vous dévoiler!!!) qu’il rejoint Yogi à New Delhi. Ce dernier doit bientôt se marier, mais c’est peu de dire que rien n’est simple en Inde, et encore moins de se marier. L’harmonie des époux ne suffit pas, car on unit dans le même temps deux familles! Yogi est le contraire de Göran, bavard, éternellement optimiste, gourmand… Rapidement, les péripéties vont se succéder et on se laisse entraîner dans des aventures rocambolesques et des arnaques étonnantes qui vont, peu à peu, sortir Göran de sa léthargie et lui faire reprendre en main sa vie.

Ce roman est à la fois drôle, émouvant, sincère et nous fait découvrir la superbe vitalité du peuple indien. Et l’auteur s’y connaît, lui qui a vécu quatre ans en Inde. Un bonheur de lecture à l’approche de l’été à caser dans le fond de son sac de plage!!!

Hélène

Papa est connecté Philippe de Kemmeter De la Martinière Jeunesse

connectéVoilà un petit album que certains enfants, à l’annonce de la fête des pères, seraient heureux d’offrir à leur papa! Et le titre en dit déjà beaucoup! Sauf qu’ici, nous sommes chez les pingouins, que Papa a 532 amis sur Icebook et qu’il est du matin au soir penché sur son ordinateur. Son fils pense que son Papa est virtuel. Et là, c’est le drame, comme on dit! Plus de connexion. Papa sort de l’igloo, part sur la banquise à la recherche du fameux réseau… et crac, il s’éloigne seul sur son bout de glace, avec ce fameux ordinateur qu’il ne veut pas lâcher.

Il va bien finir par revenir avec la complicité d’un ours bien léché qui lui n’a rien de virtuel!

Ce délicieux album est absolument à découvrir, à lire en famille, et vous découvrirez ainsi comment, maintenant, on surfe sur la banquise!!!

Hélène

Le rapport de Brodeck Manu Larcenet Dargaud

rapport-de-brodeck-le-tome-1-rapport-de-brodeck-leIl fallait être un peu fou pour tenter d’adapter le magnifique roman de Philippe Claudel en bande dessinée. Comment arriver à retrouver en dessin le ton particulier de ce roman, arriver à rendre les silences, donner à voir ces regards et ces bouches, ce froid intense qui collent aux peaux, aux arbres, et rend le ciel impalpable. Larcenet doit donc être fou, car il y est magnifiquement parvenu. D’ailleurs, ce n’est pas une adaptation, c’est le roman lui-même qui coule dans les veines de ce sublime album. Il n’y rien d’autre à dire, simplement dire bravo l’artiste!