Dictionnaire amoureux et illustré de la Bretagne Yann Queffelec

queffelec

« Je me souviens » disait Georges Perec. C’est à cette sorte de gageure que Yann Queffelec s’est astreint en nous parlant de sa Bretagne. La sienne, la nôtre aussi, car si elle est multiple, elle se donne souvent aussi à ceux qui n’en viennent pas. Ici, rien ne se finit, mais tout commence…

Le propre des dictionnaires spécialisés est d’exclure et s’il s’agît d’un dictionnaire sur la Bretagne, ne serait-ce que l’envisager est toujours un sujet de conversation qui peut tourner à l’aigre (comme le lait ribot, pourquoi il parle pas du lait ribot…) ou au sucré (cinq pages sur le Kouign- amann, pour faire prendre du poids aux touristes ! Gast, pas de page dommage !). Oui, il y a autant de bretons que de criques où le « glas » est parfois bleu ou vert, tout dépend évidemment de l’endroit où on se place.

Ils ont bien fait de faire confiance à ce brennig de Queffelec, ce breton collé à son rocher de l’Aber-Ildut qui venait par le train (à l’époque neuf heures de Paris à Brest, la Bretagne, ça se gagne !) en regardant tout devant en attendant la mer. Il en faut de la patience et de la longueur de temps pour appréhender ce pays de mer, l’Armor, et de terre, l’Argoat, ce pays qui se divise en querelle de clochers et qui se soude derrière sa bannière en Gwenn ha Du!

Nul n’échappe à son pays, nul ne sait mieux y revenir aussi qu’un Breton égaré vers la capitale. Il lui faut parfois du temps, des années même avant de remettre les pas de ceux de sa « mamm », cette mère ici révérée au-delà du possible. Et c’est en arpentant les plages, en bouffant du vent à en tomber à la renverse, en laissant la marée se cacher et en courant à la montante, le bas du pantalon mouillé, qu’il est allé de A jusqu’à Z ce bon brigand de Queffelec ! Il faut dire que son sang est fait du sel des paludiers, celui qu’on rajoute au beurre une fois franchi les frontières de notre pays ! Evel just !

Les enfants, c’est bientôt Noël!

noel bleu

 

 

Dans les vitrines illuminées de Noël, un étrange petit homme bleu se ballade. Dans sa main, une étrange petite boule rouge… Un très joli conte de Noël qui fera rêver les enfants à partir de 6 ans, et bien évidemment, leurs parents…

 

quatre noel

 

 

Noël autour du monde est un très bel album cartonné, avec des fenêtres à ouvrir, afin que les enfants découvrent cette fête dans le monde entier, celle d’un rassemblement familial et c’est à picorer à partir de 5 ans!

 

chant noel gallimard

 

Illustré par Roberto Innocenti, ce grand classique de Dickens prend une toute autre dimension et une puissance renouvelée. Toute l’humanité de Charles Dickens est magnifiée par le dessin. On s’arrête à chaque page illustrée, étonné par l’invention graphique et la chair donnée à tous les personnages. Autant pour les minots que pour les grands!

 

 

jean michel

Jean-Michel le Caribou est surtout le super-héros de Vlalbonvent, et il a un boulot fou! mais à l’approche de Noël, on s’inquiète du côté de Vlalbonvent. Père Noël va-t-il être prêt? C’est vrai que c’est un peu compliqué chez le Père Noël cette année! Aussi, il est décidé d’enlever jean-Michel le Caribou, un cousin des rennes du Père Noël pour que tout rentre dans l’ordre. Magali Le Huche réussit une histoire pleine de rythme et d’humour, et c’est à partir de 4 ans!

Des bandes dessinées pour Noël! expliquées par Maëla

empireCette bande dessinée parfaitement documentée et pleine d’humour retrace d’une façon simple et précise 2000 ans d’histoire politique du christianisme depuis la naissance de Jésus jusqu’à nos jours. Magnifiquement illustré cet ouvrage permet de comprendre comment le message originel d’amour et de tolérance du Jésus de l’Évangile a pu inspirer à la fois des guerres de religions, les croisades sanglantes, les horreurs de l’inquisition…Un bande dessinée passionnante, sans aucun parti pris et très humoristique. A découvrir absolument à qui s’intéresse à la fois à l’histoire, à la politique et à toutes les formes de religions.

 

 

 

collombatOn reste dans l’histoire politique avec cet ouvrage d’une qualité exceptionnelle. Etienne Davodeau nous avait déjà régalé avec « Un homme est mort » il y a quelques années, il signe ici avec le journaliste Benoit Collombat une enquête parfaitement documentée sur l’histoire de la Cinquième République, ou plutôt sur l’histoire non officielle de cette période. Cette bande dessinée se lit comme un roman policier, malheureusement la réalité dépasse de loin la fiction. La finesse du dessin de Davodeau associée au talent journalistique de Benoit Collombat font de cet ouvrage une œuvre incroyable de justesse et de vérité, mais qui ne nous réconciliera pas forcément avec nos chers dirigeants.

 

 

zenQuand Jean Plumo découvre dans bronzage magazine la réclame pour des vacances de « méditation de de bien être qui vous apprendront à vous détendre et à revitaliser votre poil » son sang ne fait qu’un tour ces vacances sont pour lui ! Lui qui rêve de grosses voitures et de peau parfaitement bronzée va se retrouver dans un univers qui est à mille lieues de son quotidien, petit à petit ce canard bougon va devoir apprendre à cohabiter avec une foule de personnages qui lui feront découvrir la beauté des petites choses. Une bande dessinée pleine d’humour et de tendresse qui parlera à chacun d’entre nous parce que au fond on a tous un petit quelque chose en nous de Jean Plumo. En fermant cette Bande dessinée on a juste envie de se faire un thé et de regarder la nature en appréciant ces petits instants de tranquillité.

Bouillons William Ledeuil Editions La Martinière

ledeuilLe bouillon remonte à l’enfance, à la maladie. Alors que j’étais gamin et fiévreux, ma mère me confectionnait un bouillon de poule, avec un peu de vermicelle et de carottes. Seule boisson autorisée jusqu’à la guérison. Le bouillon comme solution du poison. Le bouillon est salvateur.
C’est la base dans laquelle naît la cuisine. Le bouillon est à l’origine. La marmite est sur le feu dans la grande cheminée, dans le chaudron où cuit la potion magique d’Astérix. Ma mère disait « plus il y a d’yeux dans le bouillon, meilleur il est pour la santé », car le bouillon se mesure en intensité, en pays, en continent. Chacun est différent, chacun a son importance, chacun apporte à sa cuisine, qui son astringence, qui son sucré, qui son amertume, sa saveur, sa complexité qui, ensuite, bien utilisé, donnera au plat sa consistance, son onctuosité, sa chaleur, son épicé, le doux du palais.
L’étonnant est dans sa simplicité. William Ledeuil vient nous en rappeler les principes qui gouvernent le bouillon depuis l’antiquité. Rien n’est plus stupide à réaliser qu’un joli bouillon, il suffit de se doter des bons ingrédients. Et c’est là que le livre est réussi, car il nous donne, tant par l’image très belle de Louis Laurent Grandadam, que par les conseils éclairés du gardien de Ze Kitchen Galerie, la quintessence de sa banalité. Encore faut-il donc s’entourer des bons amis qui vont venir nous aider à réaliser le bon bouillon. Aussi, vous retiendrez qu’il existe sept recettes de base qui se déclinent ensuite en neuf bouillons essentiels. Car peu importe votre origine, le bouillon se décline dans le monde entier, et il n’est certainement pas étranger au fait que, là où le taux d’obésité est le plus faible (en Asie !) c’ est l’endroit où on le consomme du matin au soir dans des bols à même la rue, bien loin de nos burgers saturés de graisse. J’en vois qui sourcillent, oui le bouillon a des yeux, des yeux de gras, mais d’un gras apprivoisé, cajolé, entretenu, aimé pour n’en garder que le bon. Le bouillon naît de la rencontre entre l’eau et sa viande ou son poisson ou son crustacé. Il est cet élément qui va grandir la sauce, lui donner sa couleur, son grain, qui va exhausser les goûts, donner un coup de fouet et du liant, remplir le vide de la recette, vous donner une identité de cuisinier si, bien réalisé, vous épatez vos convives en leur déclamant à la fin du repas, vous savez, tout est dans le bouillon.
Les « Bouillons » de William Ledeuil viennent donc rappeler ces grands principes de la cuisine mondiale, qu’il n’est de belle cuisine qu’avec de grands bouillons, que l’agrume comme le légume, comme l’herbe aromatique participe à l’élaboration du plus simple et du meilleur des bouillons. Il y a page 136 un bouillon tout bête de homard (breton évidemment !) carottes et agrumes tellement simple à réaliser que ce serait péché de s’en priver. En cuisine, vous me direz, rien n’est simple, je vous l’accorde, mais c’est la bonté de ce genre d’ouvrages de nous ouvrir les yeux (encore !) sur ce qui peut sublimer un plat, donner cette dernière touche de profondeur et de couleur, oui, je vous le dis et le proclame encore haut et fort, tout est dans le bouillon !

Bingo Ingrid Chabbert Lili Scratchy Seuil Jeunesse

lili Merlin est un sale gosse, et il a bien raison. Aussi, quand pour ses 5 ans, son oncle à la noix lui offre trois tickets de loterie à gratter, il le trouve vraiment trop nul. Voui, mais voilà que le troisième des tickets ouvre en grand la boîte à rêver. Merlin imagine et imagine encore tout ce qu’il va pouvoir faire de toutes ses pépettes. C’est joyeux, c’est drôle, irrévérencieux, et cela a tout pour plaire aux garnements de 5 ans, évidemment!

Le corbeau et le fromage Dominique Descamps Editions les Grandes Personnes

corbeauTout le monde connaît la fable de Jean de La Fontaine, mais ici, la magicienne Dominique Descamps donne une suite à cette fameuse histoire. Un corbeau décide, voyant passer un fromage qui se rend au marché, de le dévorer, et par là-même de redorer l’affreuse réputation qu’un renard fit un jour à son aïeul et à toute sa descendance. Choisissant la poésie, il décide de flatter le replet fromage et de n’en faire qu’une bouchée! Oh là malheureux, une surprise l’attend, puis une seconde… Dans une langue habilement rimée, l’auteur nous donne une suite drôle, réaliste et moderne avec ce joli plus d’un graphisme et de découpages judicieux, sobres et astucieux pour les petits à partir de 5 ans, mais allez, vous pouvez aussi les grands!

Un drôle de visiteur Eleonore Thuillier Clotilde Goubely Editions Frimousse

droleCe drôle de visteur, arrivé à la ferme, intrigue cochon, poule, chat et vache. « On dirait un cousin à toi? » dit la poule au chat. Après une vérification approfondie dans son encyclopédie, la vache a trouvé: « C’est un tigre! » Sauve qui peut général de la basse-cour! Vous avez compris que cet album traite de la différence et de la tolérance, et si ce n’est pas le premier, ce n’en est pas le moins drôle, et ils ont tous de telles troches d’ahuris que nous n’avons pas résisté! Bravo à Clotilde Goubely pour cette galerie de personnages enchanteurs! Et c’est à partir de 4 ans!

Hélène