Dimanche 31 janvier à Kerjézéquel!

friseLa libraire Saint Christophe vous donne rendez-vous le dimanche 31 janvier à partir de 10h00 à Kerjézéquel pour « LESNEVEN EN FÊTE », la fête du commerce de détail de Lesneven. Nous vous proposerons une librairie jeunesse, des beaux albums à découvrir différemment, des bonnes affaires aussi! Venez colorier la plus longue frise du monde, plus de 4 mètres linéaires. The Pirate-Puppet Company vous présentera aussi son album quadrilingue : Beaj Anastasia!

guiziou

Il reste la poussière Sandrine Collette Denoël

colletteLe décor est vite planté. La Patagonie, une terre aride, une chaleur étouffante, la poussière qui vole et dans une ferme isolée, une femme et ses 4 garçons. Les 3 aînés s’amusent à poursuivre le plus jeune à cheval pour ensuite le lancer dans les épineux. Les aînés, des jumeaux, Mauro et Joaquin semblent régir le clan. Steban, le cadet s’est muré dans le silence et Rafael, le plus jeune, celui qui n’aurait pas dû être là, encaisse, jour après jour. Mais aucun n’oserait désobéir à la mère qui ordonne chaque jour toutes les tâches à accomplir, sans jamais manifester une quelconque tendresse ou ne délivrer le moindre sourire. Le temps passe, les garçons deviennent des hommes. C’est à ce moment que tout s’effrite, se dissout. Mais n’est-ce pas mieux ainsi pour ceux qui gardent, au plus profond de leur âme, une forme d’humanité. Sandrine Collette nous plonge dans un roman âpre et rugueux, comme les personnages qui hantent ces pages. En s’attachant à suivre au plus près le plus jeune d’entre eux, Rafaël qui trouvera sa survie dans la passion qu’il porte aux animaux, l’auteure nous entraîne au plus loin de la folie des hommes. Ce livre me rappelle celui de Bruce Machart « Le sillage de l’oubli », paru aux éditions Gallmeister par la beauté des paysages confrontée à la violence de cette humanité déglinguée.

Hélène

La renverse Olivier Adam Flammarion

adamPour qui vit en bord de mer, la renverse est ce moment de calme entre les marées hautes et basses. Moment incertain où si on n’y prend garde, on ne sait ce qui va se passer. Dans ce roman, Antoine hésite, c’est sa renverse.
C’est la mort d’un homme, Jean-François Laborde, maire de la commune de son enfance, politique passé par un ministère, qui va le replonger dans ce passé qu’il a cherché à fuir depuis des années. En s’exilant, en renonçant à ses parents, à son frère Camille, à son père falot, admirateur éperdu de sa femme, à sa mère maîtresse du maire, principale collaboratrice de celui-ci jusqu’à ce qu’un scandale sexuel vienne éclabousser tout ce petit monde, Antoine n’aura de cesse de tenter de comprendre comment tout ce en quoi il a pu croire n’était que paravents, bassesses, renoncements. Après avoir fui avec Laetitia, la fille de Laborde, vers ce coin perdu de Bretagne où ils tenteront, vainement, d’inventer un futur bancal, de s’aimer maladroitement, Antoine va revenir sur ses pas, remettre les pieds dans sa ville de M., reprendre les routes, s’arrêter devant cette maison de son enfance qui l’aura broyé, lui tout autant que Camille. L’humiliation n’entraîne que rarement le pardon, et c’est dans ce chemin qui va le mener jusqu’à l’enterrement de Laborde qu’il viendra puiser, dans les regards, les attitudes, les postures, une seule raison d’espérer, afin de sortir de la spirale infernale qui l’emmène vers le néant. En décortiquant ce qui fait le faible et le fort, en démontant le système qui broie ceux qui n’ont pas la capacité de le combattre, Olivier Adam nous renvoie à nos propres compromissions, à nos misérables faiblesses qui font taire nos révoltes. Finalement, c’est auprès de Camille, parti à Montréal, qu’il mettra un point à cette recherche du bonheur qui ne cessait de le fuir comme les grains de sable dans la main. Comme à chaque roman, Olivier Adam nous ramène à notre propre humanité, en nous laissant le choix aussi de choisir notre destin.

En attendant Bojangles Olivier Bourdeaut Editions Finitude

bojanglesTout commence par quelques notes de piano. Il est question de chaussures, mais ils dansent, Georges et Georgette, ou Louise, ou Henriette, enfin ils dansent, matin, midi, soir, nuit, ils dansent sur la version de Mr Bojangles de Nina Simone. C’est leur fils qui raconte ses parents fous, fous d’amour, de cet amour né à l’envers, comme tout ce qu’ils font. Aimer comme jamais personne n’aimera jamais plus. Et le tourne-disque chante encore Bojangles, et on mange du rôti au milieu de la nuit, on bâtit des châteaux en Espagne, on boit du Gym Tonic et tant d’autres choses. On laisse passer les années et la folie s’installe tellement chez Georgette ou Louise ou Henriette, enfin chez elle, tellement qu’il faut l’interner. Le tourne-disque tourne à vide… Ils vont la voir, elle danse encore avec tous les fous, Yaourt et les autres, mais un jour, il faut bien sortir. Le tourne-disque tourne et tourne encore quand ils l’enlèvent au monde, le réel, celui qui fait que la terre tourne rond, là plus rien ne tourne, sauf le tourne-disque encore, avec Georges et Georgette qui danse encore et encore. C’est un gamin qui raconte les carnets retrouvés après que… Après que Mademoiselle Superfétatoire, mais là, c’est encore une autre histoire pleine de mensonges à l’envers, se mette à crier, chanter, un peu comme Nina Simone, chanter que l’amour ne se divise pas, il s’additionne à la manière de Georges et Georgette, enfin Louise ou Henriette ou toutes les saintes du Paradis. C’est une trinité, un père, un fils et un drôle d’esprit peu sain qui jure devant tous les anges. C’est une simple histoire d’amour qui vous arrache des larmes, vous met la goutte au nez, et il est où le mouchoir, hein, qui me l’a pris, mon mouchoir, ma goutte au nez, et où elle est Georgette et où il est Georges ? Et elle est où la belle vie, allez chante Nina, chante…

Ils sortent en poche!

On vous en avait déjà parlé, parce qu’on les avait aimés. Et comme ils sortent en poche, pourquoi se priver de vous en remettre une couche!

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