Faux départ Marion Messina Le Dilettante

Un livre qui commence avec cette phrase, Alejandro s’était réveillé avec la bouche sèche et la mi-molle des matins maussades, ne pouvait que m’obliger à ouvrir un œil et le bon, bien évidemment. Alejandro est un étudiant colombien débarqué à Grenoble par le hasard de la poste française. Il est le petit ami d’Aurélie qui ne connaissait de la Colombie, avant Alejandro, que Shakira et les FARC, bref, une fille bien, petite banlieusarde étudiante qui tente de joindre les deux bouts avec son petit boulot. De cette petite vie qui ne décolle pas, Marion Messina nous brosse le portrait d’une génération qui n’ arrive pas à sortir de sa condition. Avec une écriture sans affect, elle décortique ces hommes et ses femmes qui baisouillent entre eux, prennent des trains qui n’arrivent pas à l’heure, regardent le monde continuer à tourner sans eux, tentent des petits boulots qui les dévalorisent. Avec une acuité tendre, elle appuie juste là où ça fait mal, sorte de Houellebecq féminin qui aurait traîné sur le campus gris d’une fac de province.

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En sacrifice à Moloch Asa Larsson Albin Michel

Tout commence par une chasse à l’ours. Un ours qui recèle dans sa panse des restes humains. Tout continue par une femme criblée de coups de fourche avec PUTAIN écrit en lettres noires au-dessus du lit et un enfant disparu. Dans cette région de Laponie, en quelques mois, tout bascule pour Rebecka Martinnson. Quand elle s’apercevra que les deux morts étaient père et fille, elle sait déjà qu’il  lui faudra fouiller dans des secrets enfouis depuis longtemps dans les glaces du siècle dernier, car tout ceci n’a-t-il pas commencé le 15 avril 1914, quand la belle Elina Pettersson est descendue du train de Stockholm pour enseigner aux enfants de Kiruna. Avec son art de la construction, Åsa Larrson nous entraîne à la poursuite d’un passé de violences ourdies, de rancœurs  tues, où le gel fait taire les paroles et assèche  les cœurs. Rebecka devra mettre sa vie en jeu pour ne pas avoir à sacrifier à l’autel de Moloch le dernier survivant.

Implacable!