Camarade Papa Gauz Éditions du Nouvel Attila

Vous connaissez l’angoisse de l’écrivain au moment du second roman, quand le premier « Debout-Payé » a été un grand succès de librairie. Je pense que Gauz n’en a rien eu à faire, par contre, ce qu’il devait faire, c’était écrire ce roman qu’il portait en lui depuis longtemps, ce « Camarade Papa », épopée liée par deux fils différents qui se rejoignent. Car il y a deux histoires, l’une contemporaine quand l’autre se situe au XIXème siècle. Et qui dit deux histoires dit deux langues qui se renvoie l’une à l’autre l’histoire de la Côte d’Ivoire.

Il y a ce gamin né à Amsterdam qui va faire le voyage pour retrouver sa grand-mère en Côte d’Ivoire, bercé par les discours marxistes de son père et ce jeune homme Dabilly qui quitte la Creuse  pour embarquer vers Grand- Bassam, cette entrée où sept rouleaux de brisants empêchent les bateaux d’accoster.

Oui mais voilà, il y a la langue de Gauz, celle qu’il a peaufinée justement pendant quatre ans à Grand-Bassam, celle qui fait de ce roman une aventure, cette langue française qu’il manie, triture, transforme avec une délectation non feinte. On ressent le plaisir de la phrase, on rit, on est ému, on relit pour le simple bonheur d’une trouvaille littéraire.

Bien plus qu’un roman sur la colonisation, c’est un roman d’amour sur deux rives qui auraient dû s’aimer différemment, mais que la bêtise du colonisateur a pollué durant des siècles. C’est aussi un roman sur le pouvoir de l’écriture, de donner à voir un point de vue bien différent, mais tellement plus affûté sur cette mascarade du colonisateur venant apporter la civilisation aux peuples d’Afrique.

Si vous ne deviez acheter qu’un livre cette année, ce devrait être celui-ci (avec celui de Jérémy Fel quand même !)

Miss Jane Brad Watson Éditions Grasset

Comment fait-on pour grandir dans le Mississippi du début du vingtième siècle quand la nature vous a faite différente dès la naissance? C’est à cette douloureuse question que Brad Watson nous conte dans ce roman émouvant et sensible.

Miss Jane, c’est Jane Chilsom, celle qui voudrait être une gamine comme les autres, mais qui saura très vite que rien ne sera jamais pareil pour elle. Pourtant, elle prendra la parti de vivre du mieux qu’elle peut, avec le Dr Thompson comme confident, celui qui n’aura de cesse d’espérer dans les progrès de la médecine afin de pouvoir opérer Jane.

Ce que raconte Brad Watson, c’est surtout le triomphe de la vie, qu’importe les difficultés, il y a toujours une raison de plus pour aller plus haut. Et quand Jane se retrouvera seule et qu’on lui proposera enfin de la « réparer », elle ne donnera pas suite.

Magnifiquement traduit par Marc Amfreville, Miss Jane fait partie de ces romans qu’on referme avec nostalgie, les mains tremblantes, en se rendant compte qu’on vient de traverser la vie d’une femme admirable, mais qui ne voulait surtout pas que ce soit sa différence qui la rende ainsi.

A paraître le 5 septembre!

L’arbre monde Richard Powers Éditions du Cherche-Midi

Voilà dix jours que j’ai entrepris le voyage de Richard Powers et de son arbre monde. Dix jours, autant dire une éternité au regard de la vitesse de l’information qui circule dans les tuyaux toujours plus rapides des réseaux connectés, de l’information sous pression, des data center qui engrangent tout ce qu’ils peuvent sur nous, vous, rien. Dix jours qui ne sont rien dans la vie de l’arbre…

Il a suffi d’une graine, la primordiale, celle qui a engendré toutes les racines de l’arbre monde, car bien avant que les hommes ne créent leurs propres réseaux si imparfaits, les arbres avaient déjà résolu bien plus que l’humanité ne fera jamais. Tout est une question de temps, et l’arbre a une temporalité qui ne ressemble à rien d’autre sur la Terre. Elle se moque de nous pauvres terriens engoncés dans notre petite centaine d’années tout au mieux.

C’est un voyage troublant, un arrêt sur l’éternité, une envie de rejoindre la forêt et de se serrer  très fort contre un frêne, d’en éprouver les vibrations, d’imaginer que sous terre ses racines sont plus du double des branches qui battent l’air.

C’est un roman sur des hommes et des femmes qui apprennent le temps long de l’arbre, la puissance de sa résilience, sa capacité à renaître, à sortir  là où on ne l’attend pas, là où ces hommes et ces femmes vont se lever contre la folie furieuse de ceux qui massacrent la planète pour un gain de court terme. Il n’y a rien de pire que celui qui ne sait pas, et ici, ceux qui savent vont y laisser leur peau, leur liberté, leur raison, mais ne vaut-il pas mieux être emprisonné pour ses idées qu’être libre en ayant trahi ?

C’est un roman qui ne s’apprivoise pas, il faut y grimper pas à pas, écarter les branches, chercher la lumière sous la canopée, et prendre surtout le temps des mots et des feuilles, celles des arbres, celles du livre, sans jamais perdre l’idée que nous ne sommes rien dans l’immensité de la vie des arbres, des géants aux pieds d’argile quand ils sont les véritables maîtres de notre humanité et de notre survie.

Au loin Hernan Diaz Éditions Delcourt

Quand Hakan décide d’émigrer vers l’Amérique, avec son frère Linus, c’est un rêve qu’il va chercher, une utopie, un monde, Nujark, ce talisman, la lumière, la ville où tout est possible. Mais rien ne se passe jamais comme on l’envisage. Sur ce port de Portsmouth, le grouillement des émigrants, les sirènes, les bateaux qui accostent et s’en vont, les cris des bateleurs, les deux frères se perdent dans le long flot de ceux qui cherchent à embarquer.

De New- York rêvé, c’est en Californie qu’Hakan débarque. Seul, sans parler la langue, Hakan devient Hawk, le faucon. Avec cette seule envie, reprendre la route vers l’est, retrouver Linus, peu importe ce qu’il pourra lui en coûter.

Hernan Diaz nous raconte cette traversée d’Hakan avec une humanité bouleversante. On souffre avec lui, on a froid avec lui, on a chaud, on se perd dans les langues, on croise la misère et on la prend sous ses bras. Chaque journée vers l’Est est un pied vers Linus, chaque soleil levé est un jour de gagné vers la rédemption.

Hernan Diaz nous raconte une histoire universelle, celle de tous les migrants qui ne recherchent qu’une seule chose, le bonheur de trouver la paix, un endroit où s’asseoir, sans cris, sans drames. Simplement avoir le droit de respirer l’air de la liberté.

Bientôt viendront les jours sans toi David Trueba Flammarion

Dani Mosca est devenu une star de la chanson avec son groupe de rock folk. Mais quand il faut accompagner son père dans sa dernière demeure dans son village natal, dans un corbillard conduit par un péruvien à l’humour étonnant, tout lui revient en tête. Comme un disque vinyle.

Il y aura donc une face A, ce voyage qui raconte ce père et les souvenirs d’adolescence de Dani, les filles, les soirées, les guitares, les amours ratées et celles presque réussies. Il y aura Oliva et l’Alzheimer de sa mère, ce ver qui dévorait sa mémoire.

Il y aura Gus et Animal, les deux compères du groupe, Gus qui va se perdre dans la drogue et Animal qui continuera à accompagner Dani avec ses percussions.

Il y aura aussi cette face B, quand le corbillard arrivera au village, avec Dani la star qui ne veut pas croire qu’il en est une. Ceux qui se souviennent de cet été que Dani a passé au village, l’un des seuls.

Et là, il y aura Kei, son grand amour, cette violoncelliste japonaise qui lui donnera deux enfants. Et lui ce grand pataud qui mélange tout dans sa vie, ses amours, sa musique, ses parents.

C’est un roman sur la grâce de perdre ses idéaux avec virtuosité et comme le dit lui -même David Trueba :

De faire comme s’ils existaient, de parier sur eux, de leur consacrer des chansons, de rêver d’eux ou des regretter rageusement quand ils nous échappent et on passe son temps à essayer de les retrouver. Pourquoi pas ? Tout commence là.

Chien-Loup Serge Joncour Flammarion

Nous sommes en 2017 et Frank et Lise vont se perdre dans le Lot, en pleine nature, là où pas un réseau ne passe. Si cela fait plaisir à Lise, cela ne fait pas l’affaire de Frank (imaginez Jean-Pierre Bacri levant son téléphone au ciel pour une seule barre qui ne vient jamais !)

Nous sommes en 1917 et un dompteur allemand vient se cacher au fin fond du Lot avec ses fauves et sa cage dorée et où Joséphine, l’une des premières veuves de la grande guerre aura les yeux de Chimène pour cet homme si étrange.

Et l’endroit où il se terre est, vous l’aurez compris, là où Lise et Franck viennent se ressourcer.

On reconnaît évidemment la patte de Joncour pour nous entraîner dans une histoire où on a envie de le suivre. C’est habilement mené, on sourit, on rit, on est ému, les deux histoires se frottent l’une à l’autre et on se laisse bercer par la belle musique de la langue de Serge Joncour.

Si ce n’est pas mon préféré du beau barbu, cela n’en reste pas moins un roman qui sera facile à proposer, parce qu’il y a derrière tout ça, la belle humanité du beau nounours qu’est Serge Joncour !

 

L’hiver du mécontentement Thomas B. Reverdy Flammarion

Alors, je vérifie la moyenne d’âge dans la salle, et nous ne sommes pas si nombreux à avoir connu l’hiver 78-79, en un autre siècle où une certaine Margaret Thatcher est arrivée au pouvoir au Royaume-Uni.

Candice pédale sur son vélo de coursier, le seul petit job qu’elle ait réussi à trouver pour se payer ses cours d’art dramatique. En ce moment, elle répète Richard III du bon vieux Shakespeare, et il y a dans l’atmosphère de la Great Britain de l’époque un peu de cette pièce.

Richard III, prêt à tous les mensonges, les turpitudes pour arriver au pouvoir, comme la Margaret Thatcher qui cherche à se trouver une voix et vient prendre un cours de diction, là où Candice, justement, répète la pièce.

Candice va rencontrer Jones, un musicien largué de chez largué. Musicien, ce n’est pas un métier, alors il est aussi employé de bureau et se fait virer sans préavis. C’est un monde qui ne parle plus à grand monde, mais il y a la musique !

Pour moi qui avait quinze ans à l’époque, c’est un livre qui vit par la musique que Reverdy nous rappelle, les Clash, les Sex Pistols, Pink Floyd et son Wall, lancé comme un crachat à la tête de Margaret. Il y aura aussi Joy Division, David Bowie et son « Lodger » !

Si pour vous la musique des ces années-là vous est inconnue, cela ne va pas être facile, pour les autres, chaque chapitre est collé à une chanson, et vous allez revenir dans vos années cheveux longs, santiags et keffieh palestinien, dansant des pogos jusqu’au bout de la nuit !!!

Le malheur du bas. Inès Bayard . Editions Albin Michel (parution le 22 août)

Marie a 32 ans, une vie bien remplie , un travail intéressant, un mari aimant et un appartement dans le XVe arrondissement de Paris. Tout, en apparence, lui sourit. Seulement voilà Marie a décidé de mourir et d’entrainer avec elle mari et enfant car elle souffre , un mal profond , insupportable qui s’est ancré en elle depuis déjà presque deux ans, l’âge de son fils. Tout son être s’est brisé comme une poupée de porcelaine le jour ou son supérieur hiérarchique a violemment abusé d’elle. Depuis son monde s’est écroulé et Marie a sombré dans une dépression sourde et violente. Car ce viol elle ne veut en parler à personne, elle garde ça au fond d’elle même pour garder aux yeux des autres l’apparence d’un bonheur factice. Un premier roman étouffant, oppressant, dur mais d’une telle intensité et d’une telle humanité qu’on ne peut le lâcher. C’est une lecture difficile, dérangeante mais Inès Bayard réussit la prouesse de ne pas entrer dans le pathos si la plainte. Marie est humaine, douloureusement humaine, tout simplement. On n’en sort pas indemne.

Maëla

Helena Jérémy Fel Éditions Rivages

Creuser au plus profond du mal…

Commencer un roman quand on sait que la nuit ne suffira pas, les pages s’enroulent comme le long ruban d’asphalte d’une autoroute. Dans la radio, une basse égrène son tempo de migraine. Vous venez de commencer « Helena »… La nuit sera longue.

Vous connaissez le poids d’un coup de poing, le poids d’un coup de mots, le poids des histoires anciennes qui suintent tout au long des rues proprettes de cette belle ville d’Emporia ? Quand Hayley décida de prendre sa voiture pour rejoindre sa tante, elle ne pouvait imaginer que le démiurge qui tirait les fils du marionnettiste avait beaucoup plus d’imagination qu’elle n’en aurait jamais. Comme une araignée tisse sa toile, Jérémy Fel nous conte un puzzle imparfait de drames qui viennent se cogner les uns aux autres, mais qui s’emboîtent dans la même fureur. Hayley rencontre Tommy, puis Norma, puis Cindy, quand Graham… Les vies se bousculent, les corps se meurtrissent, les sangs coulent dans des rigoles de vies fracassées, abandonnées, les caves hurlent, les monstres n’ont pas les noms qu’on voudrait croire. Quand l’écrivain recoud les pans d’un arlequin sanglant, on termine le roman dans une apnée qui nous tient debout, abasourdi et bouleversé de croire que tout cela s’est peut-être passé juste en bas de chez nous.

J’ai eu la chance d’interviewer Jérémy au mois de juin, il va venir nous voir en octobre, on a hâte! Et l’entretien est juste ici:

Le premier chapitre d’Helena est hallucinant, On devine que ce roman va nous empêcher de dormir ? Un peu comme l’ouverture d’un opéra. Avez-vous eu conscience, en l’écrivant, de sa force sur l’inconscient du lecteur ?

Jérémy Fel – Le premier chapitre sert, à mon sens, à installer une sensation immédiate de danger. On suit ensuite des personnages dans leur vie de tous les jours, mais on sait, grâce à ce chapitre, que quelque chose de terrible va advenir, comme une sorte d’épée de Damoclès suspendue au-dessus de leurs têtes. En effet, je voulais qu’il agisse fortement chez le lecteur, de façon très physique, et reste prégnant dans son esprit assez longtemps pendant le début de sa lecture !

L’action de votre roman aurait-elle pu se passer ailleurs qu’aux Etats-Unis ?

  1. F. – Un drame familial comme celui-ci pourrait se passer ailleurs qu’au Kansas évidemment, mais quand j’ai lu « De sang froid » de Truman Capote, je me suis dit que c’était le décor idéal pour une histoire comme celle-ci. Je suis un très grand lecteur de littérature américaine. Comme dans mon premier roman, il y avait ce désir de situer l’action dans un endroit que j’ai envie de décrire, que je fantasme et que j’ai aussi l’impression de connaître. « Le Magicien d’Oz » est également très présent dans ce livre, il n’y a pas de hasard…

« Helena » est également un livre très cinématographique. On ne peut s’empêcher de penser à David Lynch. Vous faites, comme Lynch, surgir l’extraordinaire de personnages ordinaires ?

  1. F. – J’avais envie qu’on puisse s’identifier à tous, même si les personnages du roman peuvent être amenés à faire des choses terribles. Je voulais que le lecteur puisse se demander, tout au long du roman : « Qu’aurais-je fait à la place de Norma, de Graham ou d’Hayley »… Mon but le plus « inavouable » est de confronter mes lecteurs à leur part sombre, comme je me confronte constamment à la mienne pendant l’écriture. Personnellement, je me sens toujours très proche des personnages que je crée. Ils sont tous, du moins je l’espère, ambivalents, basculent constamment entre deux pôles, « humains, trop humains ».

Les pères sont soit morts, soit absents. Aviez-vous conscience en commençant le roman qu’ils auraient pourtant une importance immense dans le destin des personnages ?

  1. F. – En fait, je n’écris jamais en pensant à un thème défini, je ne me dis jamais que je vais écrire un roman sur tel ou tel sujet. Pour « Helena », je me suis rendu compte au bout de 700 pages de ce qui se dégageait comme le thème principal du roman. Quand je commence à écrire, je pars généralement d’une image, d’une musique, d’un visage, c’est toujours très visuel, et cela amène d’autres scènes, que je tente de maîtriser. Je suis aussi lecteur de ce que j’écris, j’avance à tâtons. Je ne me suis jamais dit que ce roman serait une radiographie du mal ou une exploration du thème de la transmission mère-enfant. Les choses apparaissent d’une façon réellement inconsciente. Comme les scènes de cauchemars qui parsèment le texte. Et comme l’inconscient est extrêmement construit, au final tout fait sens.

Plus on avance dans le roman, plus on est entraîné vers une certaine fascination du mal, peut-être parce qu’on se dit qu’on aurait suivi la même pente ?

  1. F. – Oui, je pense que quoi que puisse faire l’homme – et il est capable de beaucoup de choses – on ne doit jamais oublier que, dans les mêmes conditions nous aurions pu faire la même chose. C’est toujours très facile de juger les autres quand on n’est pas soi-même confronté à des situations insoutenables, qui ne nous laissent jamais le temps d’avoir assez de recul pour agir sereinement.

C’est un roman qu’on ne peut pas lâcher, tellement les personnages s’incrustent en nous, lecteurs. Quel est votre secret ?

  1. F. – Je dis souvent que j’ai envie de prendre le lecteur par la main. Et, sans qu’il s’en rende compte, ma main lui attrape la nuque, la serre et ne la lâche plus. C’est une image, rassurez-vous je suis doux comme un agneau dans la vie de tous les jours, c’est plutôt une invitation (même si ferme) à me suivre, à entrer de plein pied dans mon univers. Captiver le lecteur, lui faire vivre une succession d’émotions fortes, est pour moi le plus important. La lecture doit être constamment physique puis, une fois la dernière page tournée, déboucher sur des réflexions diverses. C’est en tout cas ce que j’aime ressentir moi-même en temps que lecteur. Quand j’écris, je suis dans une sorte d’apnée, d’urgence, que j’aime faire ressentir au lecteur à son tour. Tout comme mes propres cauchemars, c’est la moindre des choses.

 

 

Balles perdues Jennifer Clement Flammarion

Nous sommes en Floride, sur le parking d’un camp de caravanes. Pas dans le camp, à côté du camp. Pearl et sa mère Margot y vivent, dans la vieille Mercury, sa voiture aux pneus dégonflés, l’une à l’avant et l’autre à l’arrière.

Margot vient d’une famille bourgeoise qu’elle a quitté quand elle a été enceinte de Pearl. Elle est partie avec une partie de l’argenterie, de la porcelaine de Limoges qu’elle cache dans le coffre de la voiture. Elles survivent de petits bouts de rien.

Dans le camp, Pearl a sa copine Avril May avec qui elle fait les 400 coups! Près du camp, il y a le pasteur qui veut éradiquer les armes aux Etats-Unis, deux Mexicains qui veulent l’y aider. Pearl regarde tout ça avec ses yeux de gamine qui comprend que tout le monde lui ment.

Elle s’en fiche Pearl, tout ce qu’elle veut, c’est que sa mère soit heureuse, qu’elle fasse ses petits coups en douce.

Quand sa mère s’éprendra d’Eli, un type au passé aussi trouble qu’un marigot un lendemain d’ouragan, il sera juste un peu trop tard, et là commence un autre roman.

Obligée de quitter la Mercury, placée chez Mr Brodsky, un vieux Juif qui héberge déjà deux autres enfants placés, Pearl va découvrir un nouveau monde, devoir apprendre des codes qu’elle ne soupçonnait pas.

C’est un roman d’une humanité bouleversante, qui ne nous lâche pas, tellement on a envie de prendre Pearl dans nos bras en lui disant, au creux de l’oreille, que tout cela n’est pas si grave.

Même si !