Pacifique Stéphanie Hochet Éditions Rivages

Isao Kaneda a réussi ce qu’il voulait le plus dans sa vie. Devenir pilote de guerre dans la plus fameuse escadrille, la 343 kõkutai du fameux pilote Matsuyama.

La fin de la guerre approche, et si personne ne le dit, la guerre est perdue. Il est temps de devenir un Kikusui, ce chrysanthème flottant qui précipite son avion sur les bateaux ennemis, devenant martyr à sa patrie.

Mais Isao ne sait plus très bien si c’est ce chemin glorieux qu’il doit suivre. Son éducation auprès de sa grand-mère lui a fait connaître la philosophie grecque, le théâtre no, l’opéra. Isao en a retenu des leçons qui ne figurent pas au manuel du kamikaze japonais.

Il ne lui reste que deux jours avant d’avoir l’insigne honneur d’aller s’écraser avec son chasseur zéro sur un des fleurons de l’armée américaine. L’avion sera gorgé de bombes, et Isao rêve de garder les yeux ouverts jusqu’au moment où la mort le prendra.

Vous en dire plus serait vous empêcher de ressentir, dans les mots d’Isao, tout ce qu’un homme, au seuil de la mort, dans cet incertain où les grondements des bombardiers qui incendient Tokyo, devine aux lisières de son corps, dans les larmes qui l’agitent la nuit, dans cette mèche de cheveux qu’il envoie à ses parents dans sa dernière lettre la veille de son ultime vol.

Stéphanie Hochet réussit le conte éternel et magique de la vie et de la mort, ne sachant se délier, ni s’unir, dans la dernière danse d’un monde perdu où les fracas de la guerre résonnent comme une ritournelle de boîte à musique là-bas si loin, ici si près.