Le Dit du Mistral Olivier Mak-Bouchard Éditions Le Tripode

Ceci est un roman étonnant. Il fait partie de ces textes qui vous emportent immédiatement pour des lieux, des personnages, des senteurs, des fumets, des histoires et encore des histoires. Vous y rencontrerez Le Hussard et Monsieur et Madame Sécaillat, des morceaux de poterie qui affleurent de la terre à la suite d’un orage, des champs de cerisiers et des gendarmes.

Vous y rencontrerez aussi une écriture inédite, qui réconcilie le Provençal et le Français dans un savant pistou propre à l’auteur. Vous saurez enfin pourquoi Hannibal et ses éléphants doivent beaucoup au Luberon et à ses légendes, qu’on n’est jamais loin de Mr Seguin et que n’est pas loup qui veut.

Vous vous baignerez et enfourcherez l’armure que donne la femme-calcaire à ceux qui croient en elle, et vous verrez, de vos propres yeux vus et de vos oreilles entendus Madame Sécaillat renaître à la vie. Vous finirez aussi par boire à la source et cette eau trouble remettra tout au clair.

Vous ne comprenez rien à ce que je raconte et vous en avez bien de la chance, car vous n’avez pas encore lu « Le dit du Mistral », ce roman à nul autre pareil qui vous ramène à votre enfance, à vos yeux écarquillés quand on vous racontait une histoire au bord du lit, que vous ne compreniez pas tout, mais vous saviez déjà qu’il y avait tout dans cette histoire, l’amour, les peurs, le miracle des mots et s’il y avait aussi un peu la mort, elle ne vous faisait pas peur.

Alors oui, je vous le redis, vous en avez bien de la chance de ne pas l’avoir encore lu…

Liv Maria Julia Kerninon Éditions de l’Iconoclaste

Liv Maria Christensen, fille d’un marin norvégien et d’une fille de l’île, Liv Maria au tempérament volcanique, qui parcourait les chemins au volant d’une vieille Volvo dès ses quatorze ans, Liv Maria qui un soir…

Dans ce nouveau roman, Julia Kerninon nous entraîne sur les pas d’une femme qui au fil du temps et des rencontres, se forgera une vie libre, hors de toute contrainte, car Liv Maria en fera des voyages, aimera follement mais finira par revenir sur une île, celle de son grand amour avec lequel elle aura deux enfants.

Mais la vie vous ramène parfois des années en arrière, et le prix à payer peut paraître insurmontable.

Roman sensitif, sensuel, explorant toutes les facettes du diamant brut qu’est Liv Maria, Julia Kerninon réussit, par un joli tour de magie, à nous interroger sur les liens invisibles, mais invincibles qui nous lient tout au long de notre vie, et que rien, ni personne n’arriveront à briser. On devient celui qui est né de notre passé, tout simplement.

Et nous aurons la chance de recevoir Julia Kerninon le vendredi 23 octobre pour une rencontre qui promet d’être passionnante!

Aline et les hommes de guerre Karine Silla Éditions de l’Observatoire

Mais qui est donc Aline Sitoé Diatta, cette jeune femme au port de tête de princesse africaine? C’est ce que ce roman de Karine Silla va nous dévoiler, en fouillant dans ses racines la vie étonnante de cette aïeule Diola.

Née dans le sud du Sénégal, dans cette tribu où le pacifisme est une règle, où la terre est inaliénable, Aline grandit solitaire, attentive aux histoires de son peuple que lui conte Diacoumoune.

De l’autre côté de l’histoire, il y a Martin qui a toujours rêvé d’Afrique et qui la découvre en colonisateur, pensant faire le bien pour tous ces misérables écrit-il à sa femme. Même s’il réprouve certaines actions de ses compatriotes, il est persuadé que la colonisation émancipera les peuples indigènes, niant ainsi toutes leurs cultures millénaires.

Aline se mettra au service de Martin et sera gouvernante avec son amie Mariama. Et c’est au contact de Martin qu’elle deviendra la combattante au service de son peuple, celle qui entend les voix de la rébellion contre la colonisation galopante et conduit aux désastres.

Si on la surnomma la « Jeanne d’Arc du Sénégal », elle ira aussi jusqu’au bout de son engagement pour son peuple et sa terre et sera malheureusement ignorée des livres d’histoire. Karine Silla la réhabilite magistralement dans ce roman au souffle épique et magique.

Héritage Miguel Bonnefoy Éditions Rivages

Un prénom espagnol, un nom français, comment pouvoir échapper à cet « Héritage » pour Miguel Bonnefoy, sinon en écrivant avec un brio extraordinaire, ce roman foisonnant où l’histoire du vingtième siècle se bouscule avec la petite histoire de Lazare Lonsonier, viticulteur à Lons-Le-Saunier, parti tenter l’aventure de l’Amérique avec 30 francs et un pied de vigne dans ses poches.

Mais de la Californie, il ne verra point. Débarqué à Valparaiso, dans un pays dont il ne connaît pas la langue, quand on lui posera la question « Nombre? », il répondra Lons-Le-Saunier. Et voici comment commence au Chili la grande aventure des Lonsonier.

Du Jura de ses origines jusqu’à la dictature de Pinochet, les Lonsonier traverseront le siècle, les guerres tout en revenant en France pour mieux repartir. Si Miguel Bonnefoy mêle habilement la fiction et la réalité de sa descendance, c’est pour nous offrir un roman autant sensible que baroque, autant burlesque qu’émouvant, par le simple fait de nous donner à lire, à voir et à entendre des formidables personnages qui aiment, chantent, boivent, franchissent les montagnes autant que l’adversité dans un souffle magique qui n’appartient qu’à la puissance évocatrice de l’auteur. Roman total, « Héritage » fait partie de ces livres magnétiques qui vous poursuivent longtemps.

Nature humaine Serge Joncour Éditions Flammarion

Allez, il est temps de vous parler de la rentrée littéraire de septembre qui, désormais, a lieu en août. Cette année, cette rentrée, nous l’avons lue confiné, comme les auteurs qui n’ont pu rencontrer les libraires. Tout s’est fait par webcam, visioconférence, sans même pouvoir boire un coup avec les auteurs, ce qui fut le plus difficile…

Malgré tout, j’ai eu la chance de pouvoir interviewer Serge Joncour pour son formidable roman « Nature humaine » qui balaye, de 1976, année de la sécheresse record du siècle dernier jusqu’à 1999, année de la tempête folle de fin d’année, la vie d’Alexandre.

Mais laissons Serge Joncour nous en parler!

Votre roman met en scène un jeune homme, Alexandre, qui vient de reprendre la ferme de ses parents. Une ferme isolée dans une vallée du Sud-Ouest. C’est cette « Nature humaine » cette nature et cette humanité qui sont les moteurs du récit, c’est un thème qui vous est cher ?

Ce rapport entre la nature et l’homme, c’est celui d’un agriculteur qui connaît très bien cette nature, on le suit des années 70 à 2000, et cette nature, c’est son environnement. Il en connaît tout, autant le nom des arbres que des herbes qui constituent les prairies. Et il tient à y rester alors que ses sœurs, les jeunes en général sont attirés par la ville. Ils rompent le pacte et divorcent de cette nature. Ce que je voulais montrer, c’est quelle est la nature de ceux qui restent et ce divorce avec ceux qui sont devenus des citadins. Cela me parle, ma famille est d’un milieu rural et je suis la plupart du temps en ville, alors c’est cette fracture qui intéresse le romancier que je suis.

Le roman commence en 1976, l’année de la sécheresse record. Se poursuit en 1981, l’arrivée de Mitterrand au pouvoir, puis 1986, Tchernobyl, 1989 la chute du Mur de Berlin pour finir en 1999, avec la grande tempête de fin d’année et l’arrivée de l’an 2000, le fameux bug ! Evidemment que ses dates ne sont pas choisies au hasard. Toutes ces dates racontent des fractures dans le siècle, mais aussi dans la vie d’Alexandre ?

 J’ai toujours été fasciné par ces évènements majeurs qui, à un certain moment, comme c’était le cas par exemple des canicules, où une sorte d’unanimisme se dégage. Tout le monde est dans la même sensation. Aussi, j’ai voulu organiser le livre autour de ces moments. Le roman commence avec la sécheresse de 1976, parce qu’il m’en reste des souvenirs en tant que gamin, de cette campagne où on avait peur de ne plus donner à boire aux bêtes, et ça coïncidait avec ce voisin de ma grand-mère qui refusait qu’on pose les poteaux du téléphone sur son chemin. En fait c’était un précurseur, dans ces années-là, refuser le téléphone, c’était refuser le mouvement du monde. Cela voulait dire beaucoup plus que de voir des poteaux au bout de son pré.

Une femme tient un grand rôle dans le livre, Constanze, une Allemande de l’Est dont Alexandre va tomber follement amoureux. Que pouvez-vous nous dévoiler d’elle ?

Constanze, c’est cette jeune femme qu’Alexandre va rencontrer au début des années 80. Elle est Allemande de l’Est, étudiante à Toulouse, son père travaille chez Airbus. Elle est une amie de sa sœur et à travers elle, il va découvrir une étrangère, qui, elle a cette idée de voyager, d’aller voir le monde, dont le père voyage sans cesse. C’est un tout autre univers que le sien qui se limite à la soixantaine d’hectares de sa ferme. Donc, à partir de là, aller à Toulouse, c’est aller vers un autre monde. Avec Constanze, il y a aussi les activistes qui luttaient contre la centrale de Golfech, mouvement anti-nucléaire. Cela me permet d’emmener le lecteur vers les questionnements de l’époque. Et si cela s’est fait, cela ne s’est pas fait véritablement aussi simplement qu’on le dit.

En vous lisant durant le confinement, je me disais que ce roman nous racontait déjà le bouleversement d’un monde, celui du paysan qui devient un exploitant agricole, pour les sœurs d’Alexandre, quitter la terre pour la ville, est-ce ces deux mondes qui s’opposent qui vous intéressait comme vous qui avez cette dualité, vous êtes un provincial converti à Paris ?

 Alexandre, combien même il vit dans cette ferme reculée, avec ses parents, ses grands-parents, ils sont rattrapés par ce mouvement du monde, contre lequel ils ne peuvent rien. Ils vont devoir s’adapter, faire venir des vaches d’ailleurs pour les engraisser, il faudra les mettre en quarantaine. Comme dit le père : « les animaux, c’est comme les hommes, ce n’est pas fait pour voyager ! » Il y a ce projet d’autoroute, qui a été construite avec son viaduc. Un projet d’autoroute, ça ne se fait pas du jour au lendemain, et cette vallée du Tréboulou que je connais depuis mon enfance, l’endroit le plus calme du monde, elle n’est plus la même depuis le passage de cette autoroute. Ce n’est plus le même monde.

On voit progressivement l’urbain qui rattrape la terre, on entend l’autoroute qui arrive, les premières grandes surfaces, le téléphone qui arrive au fin fond des campagnes, le minitel et ses prévisions météo. Y-a-t-il un accent de nostalgie dans votre écriture ou est-ce seulement un constat de dépit ?

Non, de la nostalgie, il n’y en a pas, mais je voulais montrer les bouleversements inédits. Installer le téléphone dans cette ferme perdue, et qui l’est encore, ça change le rapport au monde. Le minitel, c’est encore autre chose, c’était un outil important pour les agriculteurs, on ne le sait pas toujours. Ils étaient un peu pionniers dans le domaine de l’informatique, car cela leur simplifiait les documents administratifs. Tout cela n’est pas anecdotique.

On pourrait avoir le sentiment que la vie d’Alexandre est une fatalité, qu’il suit le modèle qu’on lui propose, alors que Constanze gouverne sa vie. Vous aimez ces dualités homme- femme ? Est- ce parce que cela sert le romancier ou plus simplement parce que c’est le sel de la vie ?

 Rapprocher des personnages qui, à priori, n’ont pas grand-chose à voir, et là, on est presque à l’extrême. Constanze fait des études, va aller vivre en Inde, alors qu’Alexandre ne bougera pas de sa terre. Alors, comment au long cours une histoire peut se construire, peut durer, se renouveler, se régénérer. Prenons Tchernobyl 1986, Constanze est en Allemagne, ils ne se sont pas appelés depuis trois ans. Elle l’appelle pour savoir comment cela se passe en France. Et les discours ne sont absolument pas les mêmes. Au gré des évènements personnels et universels, ils vont finir par se retrouver d’une façon ininterrompue.

Et cerise sur le gâteau, Serge Joncour viendra nous en parler à la librairie le vendredi 8 janvier 2021, notez-le sur vos agendas!

 

Pacifique Stéphanie Hochet Éditions Rivages

Isao Kaneda a réussi ce qu’il voulait le plus dans sa vie. Devenir pilote de guerre dans la plus fameuse escadrille, la 343 kõkutai du fameux pilote Matsuyama.

La fin de la guerre approche, et si personne ne le dit, la guerre est perdue. Il est temps de devenir un Kikusui, ce chrysanthème flottant qui précipite son avion sur les bateaux ennemis, devenant martyr à sa patrie.

Mais Isao ne sait plus très bien si c’est ce chemin glorieux qu’il doit suivre. Son éducation auprès de sa grand-mère lui a fait connaître la philosophie grecque, le théâtre no, l’opéra. Isao en a retenu des leçons qui ne figurent pas au manuel du kamikaze japonais.

Il ne lui reste que deux jours avant d’avoir l’insigne honneur d’aller s’écraser avec son chasseur zéro sur un des fleurons de l’armée américaine. L’avion sera gorgé de bombes, et Isao rêve de garder les yeux ouverts jusqu’au moment où la mort le prendra.

Vous en dire plus serait vous empêcher de ressentir, dans les mots d’Isao, tout ce qu’un homme, au seuil de la mort, dans cet incertain où les grondements des bombardiers qui incendient Tokyo, devine aux lisières de son corps, dans les larmes qui l’agitent la nuit, dans cette mèche de cheveux qu’il envoie à ses parents dans sa dernière lettre la veille de son ultime vol.

Stéphanie Hochet réussit le conte éternel et magique de la vie et de la mort, ne sachant se délier, ni s’unir, dans la dernière danse d’un monde perdu où les fracas de la guerre résonnent comme une ritournelle de boîte à musique là-bas si loin, ici si près.

 

Le service des manuscrits Antoine Laurain Éditions Flammarion

C’est parfois confortable de savoir, avant de l’avoir ouvert, que le livre que l’on vient de poser sur notre table de chevet va être un bel accompagnement, surtout en cette période de confinement. C’est l’effet que m’ont toujours fait les romans d’ Antoine Laurain, car, au-delà de sa plume élégante, il y a toujours chez ses personnages une fragilité qu’il sculpte avec grand talent.

Vous l’avez compris, nous sommes dans une maison d’édition parisienne, menée de main de maître par Violaine Lepage. La petite normande, débarquée à Paris après avoir couché avec un bellâtre d’écrivain, va vite monter les échelons, car le patron, Charles, qui même s’il préfère les garçons, va s’enticher de cette gamine qui a du nez pour dénicher, dans la foule des manuscrits, ceux qui ne vont pas filer à la concurrence.

Quand « Les fleurs de sucre » arrivent entre les mains de Marie, l’une des lectrices du service des manuscrits, c’est une révélation, elle est persuadée de tenir une perle rare. Mais, chez Antoine Laurain, rien n’est jamais simple, et si le livre se retrouve dans la liste du Goncourt, ce qu’il raconte se retrouve dans la page des faits divers.

Vous en dire plus, que nenni, et si l’auteur prend un malin plaisir à nous raconter les arcanes de l’édition germanopratine, il s’amuse aussi à nous perdre dans une enquête policière qui va remuer un passé bien trouble. Un vrai petit bijou idéal pour l’été, car bien qu’il a paru le 8 janvier, jour de la Saint Lucien, ne pouvoir vous le vendre qu’à la Saint Glinglin!

Et surtout ne le commandez pas sur Amazon, vous pourriez entraîner deux ou trois Covid-19 par votre attitude!

Le répondeur Luc Blanvillain Quidam Éditeur

Baptiste est un imitateur à la petite semaine. S’il ,excelle dans son art, malheureusement, les contrats sont rares. Aussi, quand à la fin d’un spectacle, on lui fait part que quelqu’un l’attend dans sa loge, il en est persuadé, c’est le tremplin vers la gloire, à lui Paris et le succès. L’homme qui l’attend, il le reconnaît instantanément, son écrivain favori, le grand, l’unique  Pierre Chozène. Mais que peut lui vouloir le romancier?

Et bien tout simplement de le remplacer! Chozène va confier son téléphone à Baptiste avec une bible de tous ceux qui sont susceptibles de l’appeler et comment se comporter. -C’est débile, hein? finit-il par lâcher. Pourtant, Baptiste accepte, se faire passer pour un écrivain, et quel écrivain!

Vous en dire beaucoup plus serait divulgâcher une magnifique comédie, subtilement écrite et bien plus profonde qu’on pourrait l’imaginer de prime abord. Confier une part de sa vie à un autre, n’est-ce pas une façon de se mettre en danger?

Luc Blanvillain excelle et nous promène tout au long du livre avec une gourmandise folle.

Le répondeur a paru le 2 janvier jour de la Saint Basile et sera disponible à la vente encore en librairie à la Saint Glinglin.

Et surtout ne le commandez pas sur Amazon, vous pourriez entraîner deux ou trois Covid-19 par votre attitude!

Ne plus jamais marcher seuls Laurent Seyer Éditions Finitude

J’avais déjà beaucoup aimé le premier roman de Laurent Seyer « Les poteaux étaient carrés », déjà paru aux mêmes éditions Finitude en 2018. Ce roman qui se passait durant la finale de Coupe d’Europe de football entre Saint Étienne et le Bayern de Münich en 1976 racontait en fait une toute autre histoire.

Pour ce second roman, le football est encore un fil rouge du livre, mais Laurent Seyer va nous emmener à Liverpool, son club fétiche, le Liverpool FC, ses fans, ses hooligans, ses drames (le Heysel ou Hillsborough), en compagnie d’une journaliste française au prénom de mannequin et au nom allemand Naomi Strauss qui va à la rencontre d’un chauffeur de Black Cab, un certain Nick Doyles. Le titre du roman est d’ailleurs un hommage à la chanson fétiche du club « You’ll never walk alone! »

Nous sommes en 2015, le référendum pour le Brexit est prévu pour juin 2016, et Naomi va interviewer Nick, fervent défenseur du bulletin Leave, comme la plupart des habitants de ce nord anglais pauvre et abandonné. C’est un peu la rencontre de la carpe et du lapin, ce qui pour un romancier habile comme Laurent Seyer lui permet de nous offrir une comédie truculente où même la Queen est invitée.

Si on est beaucoup plus dans l’ambiance Notting Hill que Ken Loach, cela nous parle quand même fort bien de l’Angleterre que l’auteur connaît bien. Un divertissement gouleyant à souhait!

Le roman doit normalement paraître le 7 mai, jour de la Sainte Gisèle en espérant qu’il ne s’agisse encore une fois de la Saint Glinglin!

Surtout ne le précommandez pas chez Amazon, vous pourriez être la cause de deux ou trois Covid-19 chez leurs employés!

Pour la beauté du geste Marie Maher Alma Éditeur

C’est un premier roman étonnant qui paraît aux Éditions Alma. Quand la narratrice rentre au village pour vendre la maison de ses parents, on se dit qu’on a déjà lu ce genre de roman, mais pourtant ici, un malaise s’installe instantanément.

C’est l’enterrement du père, peu après celui de la mère. Et la fille qui nous parle n’a pas l’œil humide, ses mots résonnent comme des faux pour mieux le tuer encore, le faire disparaître, qu’il ne remonte jamais de ce trou dans lequel le cercueil fait ploc. L’écriture est glaciale, elle est pourtant celle de cette enfant qui va raconter la vie familiale, avant qu’elle ne prenne le train un jour pour ne plus revenir. Enfin, ne plus revenir ou juste pour ranger et jeter les affaires de la mère.

C’est la violence sourde qui surgit des yeux d’une gamine, c’est le train qui fait bourdonner la maison, là juste en bas, les trains qui s’arrêtent ceux qui ne s’arrêtent jamais. C’est une tragédie grecque que nous livre Marie Maher, dans ce roman court et glacial, comme peut l’être parfois la vie.

Pour la beauté du geste a paru le 5 mars, jour de la Sainte Olivia mais ne sera disponible chez votre libraire qu’à la Saint Glinglin!

Surtout ne le commandez pas chez Amazon, vous pourriez être la cause de deux ou trois Covid-19 chez leurs employés!