MISS de JEAN-CLAUDE LALUMIERE

Derrière ce titre et cette drôle de couverture, se cache Morgane Bellamy, originaire de Picardie, et fraîchement élue « Plus Belle Femme de France ». Elle y est arrivée en n’hésitant pas à piéger quelques-unes de ses concurrentes dans une compétition acharnée.
Bref, elle y est, et nous commençons donc à suivre la vie « trépidente » d’une Miss, sous l’autorité de Carole, la présidente surnommée la Baronne, et de son équipe simplement constituée de Karen qui gère l’emploi du temps, les réseaux sociaux, les rendez-vous… et de Thomas, le chauffeur, tous deux corvéables à merci par la Baronne. Avec tout l’humour de Jean-Claude Lalumière, nous découvrons un univers pas si glamour, d’une inauguration de supermarché à l’autre, et surtout dans l’ombre de la Miss précédente qui, malheureusement pour Morgane, est devenue Miss Univers!
Et si la lecture s’avère agréable, drôle et très réaliste, c’est que l’auteur a choisi un personnage intelligent, bien au-delà de la simple apparence.
Il décrit aussi très bien la province, sans jamais se moquer.
Assurément, vous ne regarderez plus les reines de beauté du même oeil après cette lecture savoureuse.

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Un été au Kansaï Romain Slocombe Arthaud

slocombeFriedrich Kessler est un jeune Berlinois nommé à l’Ambassade du Reich à Tokyo. S’il n’est pas un nazi convaincu, il est de ces Allemands fidèle à son pays, qui croit en son Führer comme chef de guerre, mais incapable d’atrocités. Idéaliste, plus féru d’art japonais et surtout des estampes d’Hiroshige qu’il collectionne, c’est à la lecture des lettres qu’il envoient à sa sœur Liese que nous allons découvrir sa guerre, loin du théâtre des combats européens.

Alors qu’il s’émerveille de cette culture japonaise, qu’il découvre ce pays, qu’il lui raconte cette vie d’ambassade où le bruit des armes n’arrive que ténu, Kessler va petit à petit se rendre compte de l’autre réalité de la guerre, celle des forteresse volantes qui survolent l’Allemagne et inondent de bombes incendiaires Dresde, Hambourg, Berlin.

La guerre avance, les certitudes sur la victoire totale d’un Troisième Reich triomphant s’effondre comme châteaux de cartes. Jusqu’au bombardement de Tokyo le 10 mars 1945, dont il sortira blessé, tant physiquement que moralement. La destruction totale de la ville, le ressentiment japonais contre tous les blancs, l’incompréhension devant le désastre, le conduira à fuir la ville, à partir vers le Kansaï, l’île de Shikoku et ses temples consacrés au Bouddha, à tenter de trouver ce qui reste d’essentiel quand tout autour de vous n’est plus que gravats et désolation. La fin de son voyage, la fin des lettres, la fin d’un monde nous sera racontée par une infirmière japonaise, dans une ultime et déchirante missive adressée à Liese.

Encore une fois, Romain Slocombe arrive à retranscrire les spasmes et les dérives d’un monde en bouleversement, par le biais de la petite histoire d’un homme s’inscrivant dans l’ombre de la grande histoire, que l’on croît connaître, mais qui est ici encore mieux révélée, inscrite dans la chair de Kessler et celle des millions d’anonymes morts de la folie des hommes.