Coupable vous êtes Lorenzo Lunar Asphalte Editions

lunarJe vous avais déjà dit tout le bien que je pensais de Lorenzo Lunar pour son roman « la vie est un tango » (cliquez ici) où il nous faisait découvrir le Cuba des Cubains, non celui des touristes. Eh bien, dans ce nouvel opus, il nous entraîne dans le sillage des jineteras,les putes qui promettent des montagnes de plaisir sous un ciel toujours bleu. Sauf qu’ici, il est question de meurtre et qui revient en première ligne, le flic le plus intègre de Cuba et de la petite ville de Santa Clara, j’ai nommé le fameux Léo Martin, croisement de Léo Malet et de San Antonio (il vit chez sa mère Féla!) qui va tenter de mettre la main sur celui ou celle qui a fracassé un maquereau à coups de marteau de cordonnier. Si on se fiche pas mal du meurtre, comme du meurtrier, on se régale des situations, des dialogues, des personnages qui gravitent autour de Léo. Lorenzo Lunar a cette capacité de donner à voir avec ses mots toute cette vie cubaine, faite de débrouilles en tout genre, d’accommodations avec le régime castriste, dans un grand éclat de rires, de musiques et de rhum frelaté. Un vrai bonheur! Et pour la musique du livre, si si si, ça existe (cliquez ici)

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Avaler du sable Antonio Xerxenesky Asphalte Editions

avaler  Tout commence un matin à Mavrak (tu parles d’un nom !) dans un de ces villages du Far West que tu as évidemment vu un jour dans n’importe lequel des westerns, venus ou à venir, avec des portes de saloon qui grincent, une grand-rue bouffée par le sable, un type qui mâche un cigarillo et finit par roter. Ici, il y a les Ramirez et les Marlowe, les Mexicanos et les Yankees et si je te dis qu’il n’y pas que de l’amitié entre les deux, c’est peu, très peu de le dire. Et quand un Ramirez finit assassiné, ne cherchez pas trop longtemps de quelle famille peut venir le meurtrier. Pas facile d’écrire un roman sur l’histoire de sa famille avec comme unique compagne une bouteille de Tequila (mais de la bonne, de l’ancienne, de la réserve…) quand de plus ton gamin se fiche un peu beaucoup du romantisme paternel. Entre Juan et Miguel, Mc Koy et Maria, Maria et Thornton le shérif venu mettre un peu d’ordre dans cette ville de fous furieux, il y aura aussi Vienna, la belle qui se donne à un Ramirez alors qu’elle est une Marlowe, t’imagines ! Après une Tequila de trop, on va convoquer le Chaman, qui convoquera les morts-vivants, et là, chabadi chabadoum, ça va saigner dans tous les coins de l’écran, ça va mordre, ça aura le goût d’une Toussaint à Mexico City quand tous les morts viennent souhaiter la bonne vie aux vivants.
En un mot comme en mille, « avaler du sable » c’est une fiesta d’Almodovar sous acide, mais alors puissant l’acide…

En cliquant sur l’image, vous aurez un avant-goût de l’image sonore du roman, ça colle parfaitement!

Moscow Edyr Augusto Editions Asphalte

edyr  Je vous avais déjà dit beaucoup de bien du premier livre traduit d’Edyr Augusto « Belém » qui nous plongeait dans un Brésil très éloigné des strings de Copacabana. Eh bien, Moscow dépasse encore en noirceur et en violence son premier opus.

Moscow, c’est le nom donné à cette île de Mosqueiro où les habitants de Belém viennent passer le week-end. C’est là que Tinho et sa bande font régner la terreur. Défonce et violence sont les deux seules mamelles qui les nourrit. C’est un roman haletant, craché par un volcan de haine, qui ne vous laisse aucun répit, qui vous accroche alors que vous devriez le fermer tant la chair y est à vif. Mais on suit Tinho dans sa course de gamin perdu, halluciné, cinglé. Par ses phrases courtes, Edyr Augusto donne un rythme, une sorte de scansion qui entraîne son lecteur jusqu’à cette fin indicible, inéluctable d’une parabole sur l’idée que le mal absolu existe encore, quelque part, tapi dans les méandres du cerveau humain. A couper le souffle!

Belèm Edyr Augusto Asphalte en librairie le 10 octobre

belem  Belèm est ce genre d’ addictions qui se propage un peu à la vitesse de l’éclair. Le bouquin que vous commencez un peu à la va-vite, sans vous rendre compte du danger. C’est un livre où il fait chaud, où la sueur à le goût de la cachaça, où l’air descend des pales d’un ventilateur hors d’âge, où les filles sont des jouets dans les mains des bourgeois, où les bourgeois jouent à des jeux dangereux et dans tout ce fatras, il y  Gilberto Castro, flic alcoolo (oui je sais…), largué par sa femme, qui va enquêter sur la mort de Johnny, le coiffeur de ces dames de la haute, coiffeur à ses heures, taré à d’autres, entre coke et gamines, narines plombées et mort de chez mort!

Belèm n’est pas qu’une ville, elle est une sangsue qui ne fait pas que pomper le sang de ses citoyens, elle les entraîne jusqu’aux poubelles, jusqu’à l’indicible, là où la pire folie des hommes entraînera Gil et Bode, son ami flic. Belèm est un ventre, un gouffre qui aspire la vie, qui tue, qui ne laisse que peu de traces ou alors trop tard, trop tard.

Belèm est un coup de poing qui vous prend au ventre. Petits estomacs s’abstenir!