Moscow Edyr Augusto Editions Asphalte

edyr  Je vous avais déjà dit beaucoup de bien du premier livre traduit d’Edyr Augusto « Belém » qui nous plongeait dans un Brésil très éloigné des strings de Copacabana. Eh bien, Moscow dépasse encore en noirceur et en violence son premier opus.

Moscow, c’est le nom donné à cette île de Mosqueiro où les habitants de Belém viennent passer le week-end. C’est là que Tinho et sa bande font régner la terreur. Défonce et violence sont les deux seules mamelles qui les nourrit. C’est un roman haletant, craché par un volcan de haine, qui ne vous laisse aucun répit, qui vous accroche alors que vous devriez le fermer tant la chair y est à vif. Mais on suit Tinho dans sa course de gamin perdu, halluciné, cinglé. Par ses phrases courtes, Edyr Augusto donne un rythme, une sorte de scansion qui entraîne son lecteur jusqu’à cette fin indicible, inéluctable d’une parabole sur l’idée que le mal absolu existe encore, quelque part, tapi dans les méandres du cerveau humain. A couper le souffle!

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Belèm Edyr Augusto Asphalte en librairie le 10 octobre

belem  Belèm est ce genre d’ addictions qui se propage un peu à la vitesse de l’éclair. Le bouquin que vous commencez un peu à la va-vite, sans vous rendre compte du danger. C’est un livre où il fait chaud, où la sueur à le goût de la cachaça, où l’air descend des pales d’un ventilateur hors d’âge, où les filles sont des jouets dans les mains des bourgeois, où les bourgeois jouent à des jeux dangereux et dans tout ce fatras, il y  Gilberto Castro, flic alcoolo (oui je sais…), largué par sa femme, qui va enquêter sur la mort de Johnny, le coiffeur de ces dames de la haute, coiffeur à ses heures, taré à d’autres, entre coke et gamines, narines plombées et mort de chez mort!

Belèm n’est pas qu’une ville, elle est une sangsue qui ne fait pas que pomper le sang de ses citoyens, elle les entraîne jusqu’aux poubelles, jusqu’à l’indicible, là où la pire folie des hommes entraînera Gil et Bode, son ami flic. Belèm est un ventre, un gouffre qui aspire la vie, qui tue, qui ne laisse que peu de traces ou alors trop tard, trop tard.

Belèm est un coup de poing qui vous prend au ventre. Petits estomacs s’abstenir!