Le fils du Yeti Didier Tronchet Casterman

L.10EBBN002152.N001_FilsYETI1_C_FR  Il est loin le temps où Didier Tronchet nous faisait rire avec Jean-Claude Tergal et Raymond Calbuth. De l’humour grinçant sur les travers de notre société, il est passé au registre du tendre et de l’introspection. Parce que toutes les histoires de familles sont aussi compliquées que les familles elles-même, il nous livre les codes et les secrets de sa propre enfance, ce qui a façonné le jeune Tronchet.

Même s’il se cache derrière le dessin, il n’est pas trop difficile de comprendre que c’est de lui et de son fils qu’il avait envie de nous parler. Être le fils du Yéti, c’est être le fils de celui que l’on ne connaît que par la parole des autres, celui qui a vu l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours (en l’occurrence le Yéti de Tintin, mais c’est une autre histoire, ou bien c’est la même, on s’en fout!!!). C’est l’histoire d’un gamin accroché à une photo où son père regarde ailleurs, comme si ailleurs, c’était différent, c’est l’histoire d’une lettre, d’un rendez-vous manqué. La simple et magnifique histoire d’un homme qui dépasse l’âge de son père et qui se demande à quoi ça rime…

C’est une histoire simple, mais universelle, celle qui nous relie à nos parents et à nos enfants, celle qui est le fil du funambule qui nous relie tous les uns aux autres, une histoire où on ouvre les albums photos en se demandant encore une fois qui est celui dans le fond qui cligne des yeux, c’est pas, comment il s’appelait déjà…

Publicités

Moi René Tardi prisonnier de guerre au Stalag II B Tardi Casterman

tardiQue voulez-vous que je vous dise d’autre que les autres: Oui, attention chef d’œuvre total que cette dernière bd de Tardi.

Histoire de son père, emprisonné durant 5 ans en Poméranie, mais bien plus que ça, c’est une impressionnante reconstitution de la vie des prisonniers de guerre français durant la seconde guerre mondiale. Et si la Shoah avait déjà été souvent l’objet de Bandes dessinées de haute volée (ne prenons que Maus de Art Spiegelman au hasard!), les camps de prisonniers ne l’avaient jamais été, du moins avec cette force que donne le dessin de Tardi.

Bref, rien d’autre à vous dire qu’il faut lire ce magnifique album, si j’osais, je vous dirais: C’est un ordre!