Farallon Islands Abby Geni Actes Sud

Allez savoir pourquoi certains livres vous attrapent par la main ou suffit-il d’une phrase, d’un dialogue? Dans ce roman d’Abby Geni, c’est le titre qui m’a happé en premier avec ce sentiment que le voyage aux Farallon Islands ne serait pas indolore. Quand on est amoureux des îles, on sait qu’on ne sort jamais indemne de la rencontre avec l’insularité, car elle vous contraint, vous fixe ses propres règles. D’ici semblent-elles dire à Miranda, cette jeune photographe qui y débarque, on ne s’échappe pas sans abandonner un peu de soi, sans éprouver ce huis-clos immense. Ils ne sont que sept, six scientifiques étranges, plongés chacun dans son domaine de prédilection, qui les requins, qui les oiseaux, qui les baleines, et Miranda et ses appareils photos qui tente de comprendre cette île et ses habitants reclus dans cette nature sauvage et préservée désormais des chasseurs d’œufs. Le danger est partout, même le granit s’effrite, les goélands s’en prennent aux hommes, le vent s’infiltre autant sous les vitres que dans les têtes, on pourrait dire que parfois l’île grince de l’assaut des vagues. Mais n’est-ce pas aussi pour cela que Miranda est venue se perdre ici, écrivant à sa mère morte les jours et les semaines sur Farallon. De la promiscuité aux amours contrariés, du silence contraint aux secrets enfouis, elle va découvrir autant l’amitié que la violence, croiser la mort et affronter une seconde vie, cachée sous les plis de sa propre existence. Allez savoir pourquoi certains livres ne vous ramènent pas jusqu’à la terre, mais vous gardent à l’aplomb des falaises de Farallon Islands…

Magnifiquement traduit par Céline Leroy!

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