Un autre Eden Bernard Chambaz Éditions du Seuil

Bernard Chambaz a deux passions dans la vie. Jack London et le vélo. En 2003, il avait fait le Tour de France pour le centième anniversaire de l’épreuve. Dans ce nouveau roman, c’est toujours à vélo qu’il va parcourir les 5000 kilomètres que Jack London a fait à 18 ans le menant à Vancouver.

Mais pour Chambaz, il n’y a pas que Martin Eden, il y a aussi son Martin, son fils mort à 16 ans, il y a 24 ans. Martin aurait eu 40 ans, Jack est mort à 40 ans, c’est ainsi qu’il décide de relier les deux évènements dans ce roman qui est autant une biographie romancée de Jack London, qu’un hommage à l’écrivain qu’il admire.

Ceux qui comme moi sont amoureux de London découvriront un homme qui brûle la vie par les deux bouts, comme s’il savait que sa propre vie serait courte, mais surtout un homme attachant, toujours à la recherche d’un Eden qu’il n’arrivera jamais à trouver, sauf par instants.

Quelque part, Bernard Chambaz nous raconte la vie d’un Jack London qui aurait trop vécu jusqu’à en en mourir, avec le contrepoint de son Martin, mort l’année de ses seize ans.

L’écriture est remarquable, on se laisse entraîner derrière les bottes de London, et on ne voudrait que ça de l’auteur, qu’il continue à nous raconter Jack et ses bateaux, Jack et ses bagarres, Jack et son typhon, Jack et ses bas-fonds.

Mais qui suis-je pour penser que les pages où l’écrivain fait cohabiter son Martin et Jack m’ont parues de trop ? Certainement quelqu’un qui ne connaît pas la douleur de perdre un fils. Aussi, s’il en ressort apaisé et que la boucle est bouclée, alors ce roman est certainement le plus beau de Bernard Chambaz.

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