Miss Jane Brad Watson Éditions Grasset

Comment fait-on pour grandir dans le Mississippi du début du vingtième siècle quand la nature vous a faite différente dès la naissance? C’est à cette douloureuse question que Brad Watson nous conte dans ce roman émouvant et sensible.

Miss Jane, c’est Jane Chilsom, celle qui voudrait être une gamine comme les autres, mais qui saura très vite que rien ne sera jamais pareil pour elle. Pourtant, elle prendra la parti de vivre du mieux qu’elle peut, avec le Dr Thompson comme confident, celui qui n’aura de cesse d’espérer dans les progrès de la médecine afin de pouvoir opérer Jane.

Ce que raconte Brad Watson, c’est surtout le triomphe de la vie, qu’importe les difficultés, il y a toujours une raison de plus pour aller plus haut. Et quand Jane se retrouvera seule et qu’on lui proposera enfin de la « réparer », elle ne donnera pas suite.

Magnifiquement traduit par Marc Amfreville, Miss Jane fait partie de ces romans qu’on referme avec nostalgie, les mains tremblantes, en se rendant compte qu’on vient de traverser la vie d’une femme admirable, mais qui ne voulait surtout pas que ce soit sa différence qui la rende ainsi.

A paraître le 5 septembre!

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Petit Pays Gaël Faye Editions Grasset

9782246857334-001-xAllez, si vous ne devez lire qu’un livre cette année, si vous vous demandez qu’est-ce qui pourrait vous faire changer d’avis entre la paix et la guerre, si, par le plus grand des hasards, il vous prenait l’envie de vous aventurer entre Burundi et Rwanda dans les années 90. Si par  cette même obstination, vous aviez envie d’écouter Gaby, ce gamin magnifique qui court entre les balles, les nez pas assez droits, les Hutus qui tuent, les Tutsis qui meurent, entre le monde d’hier où tous étaient amis et celui qui donne de la Kalach comme seul avenir. Comme le dit la couverture, c’est un monde en équilibre instable, un seul pied à droite, à gauche et c’est la mort. Heureusement, Gaby est un rêveur qui ne cesse d’écrire à Laure, sa correspondante française, sa fiancée grégaire, ainsi les morts sur le bord des routes est plus facile à comprendre. Dans l’ouragan de la folie des hommes, Gaby surnage, en apnée. Gaël Faye nous entraîne dans un maëlstrom entre les copains du combi Wolkswagen, dans la folie de sa mère, dans cette Afrique qui l’a fait grandir. C’est un roman sur l’enfance, sur ces mots que les enfants ne savent pas lire dans la bouche des adultes, même si le sifflement des machettes, les morts sur les routes, les cris font grandir le petit Gaby bien plus vite qu’il ne le pensait. Alors, qu’est-ce qui importe le plus, sinon de fermer ce livre en ayant eu cette douce impression d’avoir partagé, avec Gaby, contre Gaby, tout ce qui a fait de lui un homme. C’est un livre de bien, qui met le mal là où il devrait rester, dans les poubelles de l’histoire.