Psicca Edyr Augusto Editions Asphalte

pssica« Ç’aurait dû être une journée de cours normale. » Mais pour Janalice, il n’y aura plus jamais de journée de cours. Sa vie bascule quand son professeur découvre une vidéo intime de Janalice et son petit copain. Renvoyée chez elle, ses parents la rejettent, l’expédient chez une tante trouble comme un marigot.Ça tient à quoi une vie, Janalice ? Quand elle est enlevée en pleine rue, Amadeu, flic retraité décide de mener ses propres recherches et se jure de la retrouver. Edyr Augusto est un orfèvre de la musique de la phrase. Dans un rythme haletant et chaloupé, il nous trimballe en Amazonie, dans ces lieux où les garimpeiros, les chercheurs d’or, se soucient peu de morale et encore moins de lois. Ici, c’est la force du fusil ou de la machette qui tient lieu de juge de paix. C’est aussi là que disparaissent des jeunes filles qui deviendront les esclaves sexuelles de ces ouvriers sans nom, sans papiers, sans même véritable existence, monde où la corruption est la norme. Dans ce roman autant halluciné qu’hallucinant, Augusto nous entraîne au plus trouble de la forêt et dans cette ville de Cayenne où les ruelles sombres n’ont rien à envier aux pires pavés de l’enfer. Amadeu réussira-t-il à franchir tous les obstacles? Quand la vie ne vaut plus rien, quand un corps n’est plus qu’un outil dans la main des proxénètes, quand la frontière entre bourreau et victime est aussi fragile qu’un fil de soie, que reste-t-il à espérer? Dans ce nouveau roman, Edyr Augusto concentre toute la misère d’un monde, les couleurs et les odeurs pour nous donner un précipité violent de la nature humaine.

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Nid de vipères Edyr Augusto Asphalte éditions

edyr Je vous ai déjà parlé des précédents romans d’Edyr Augusto, cette nouvelle voix qui nous vient du Brésil et nous raconte du noir de chez noir, celui qui strie les corps, qui arrache les dents, qui montre la corruption comme un point noir sur le nez de la plus belle des filles du monde… Ici, la plus belle des filles s’appelle Isabela Pastri. Elle a décidé d’aller dans la pire des vengeances, celle qui s’inscrit dans le corps, celle qu’il faut aller chercher avec cette évidence qu’au bout du chemin, il n’y aura pas vraiment de porte ouverte, car ici, tout se paye, tout se monnaye, tout n’est que violence et blanchiment. Dans un texte où tout est haché, avec cette écriture qui ressemble aux pages de journaux bon marché, Edyr Augusto nous emmène loin, très loin, dans cet abyme où Isabela a choisi de se perdre. Il y a cette urgence à dire et à écrire pour Augusto ce Brésil qu’il aime, mais dont il ne sait finalement que faire. C’est un texte qui se lit le souffle coupé, les yeux comme des balles qui inventent le corps d’Isabela, une langue qui reste sèche quand le dernier avion s’envole, avec le silence des morts.

Moscow Edyr Augusto Editions Asphalte

edyr  Je vous avais déjà dit beaucoup de bien du premier livre traduit d’Edyr Augusto « Belém » qui nous plongeait dans un Brésil très éloigné des strings de Copacabana. Eh bien, Moscow dépasse encore en noirceur et en violence son premier opus.

Moscow, c’est le nom donné à cette île de Mosqueiro où les habitants de Belém viennent passer le week-end. C’est là que Tinho et sa bande font régner la terreur. Défonce et violence sont les deux seules mamelles qui les nourrit. C’est un roman haletant, craché par un volcan de haine, qui ne vous laisse aucun répit, qui vous accroche alors que vous devriez le fermer tant la chair y est à vif. Mais on suit Tinho dans sa course de gamin perdu, halluciné, cinglé. Par ses phrases courtes, Edyr Augusto donne un rythme, une sorte de scansion qui entraîne son lecteur jusqu’à cette fin indicible, inéluctable d’une parabole sur l’idée que le mal absolu existe encore, quelque part, tapi dans les méandres du cerveau humain. A couper le souffle!

Belèm Edyr Augusto Asphalte en librairie le 10 octobre

belem  Belèm est ce genre d’ addictions qui se propage un peu à la vitesse de l’éclair. Le bouquin que vous commencez un peu à la va-vite, sans vous rendre compte du danger. C’est un livre où il fait chaud, où la sueur à le goût de la cachaça, où l’air descend des pales d’un ventilateur hors d’âge, où les filles sont des jouets dans les mains des bourgeois, où les bourgeois jouent à des jeux dangereux et dans tout ce fatras, il y  Gilberto Castro, flic alcoolo (oui je sais…), largué par sa femme, qui va enquêter sur la mort de Johnny, le coiffeur de ces dames de la haute, coiffeur à ses heures, taré à d’autres, entre coke et gamines, narines plombées et mort de chez mort!

Belèm n’est pas qu’une ville, elle est une sangsue qui ne fait pas que pomper le sang de ses citoyens, elle les entraîne jusqu’aux poubelles, jusqu’à l’indicible, là où la pire folie des hommes entraînera Gil et Bode, son ami flic. Belèm est un ventre, un gouffre qui aspire la vie, qui tue, qui ne laisse que peu de traces ou alors trop tard, trop tard.

Belèm est un coup de poing qui vous prend au ventre. Petits estomacs s’abstenir!