Les liens du sang Errol Henrot Editions Le Dilettante

Autrefois, les abattoirs étaient en plein centre de la ville, dans le grouillement des halles et le sang coulait comme des torrents violets le long des caniveaux. Maintenant, ils sont en périphérie, on étouffe les sons, on camoufle les tueries, on se garde du monde, mais le même sang dégueule pour rejoindre le centre de la terre. C’est ainsi que François se retrouve tueur, huit heures par jour à saigner les animaux, embauché par piston, le directeur connaît son père. François tue, que demander d’autre à un tueur, sinon de bien faire son boulot d’égorgeur des basses œuvres. Quand François rentre chez lui, il s’affale dans ses habits de tueur, il s’endort sans manger, tentant d’oublier dans la nuit la monstruosité de son travail. Il faut bien quelqu’un pour le faire, ce boulot, si c’est pas toi, c’en sera un autre. Il mange quelques gâteaux, boit un peu de lait. Jusqu’à ce jour où la sauvagerie des uns finira par avoir raison de François. Les liens du sang finiront par se desserrer, l’entreprise est cruelle pour celui qui ne se résout pas. Errol Henrot nous entraîne ici dans les pas d’un homme en folie avec une honnêteté coupable.

Publicités