Fin de mission Phil Klay Gallmeister

klay  Alors oui, tout est rentré dans l’ordre, l’ordre juste. Le Sergent-chef a rendu compte au lieutenant qui a fait son rapport au capitaine qui en a rendu compte au colonel, mais le bruit, la chaleur, la sensation que derrière vous, que devant vous un gamin est un ennemi, que pas un mètre carré de ce qui vous entoure ne va vous péter à la gueule, quand vous êtes venu pour sauver la patrie et que tout ce qui vous importe, c’est de sauver votre misérable peau. C’est ainsi que Phil Klay tente de nous retranscrire son expérience de l’Irak, très loin des images des journaux télévisés, non, celle des Marines qui pissaient dans leurs frocs, très très loin des articles glorieux de cette Amérique triomphante. Ici, il est juste question d’humains qui luttent contre leurs démons, de mecs qui ne savent plus quoi raconter aux filles pour faire croire qu’ils sont des héros, des héros de pacotille. Ils font bien semblant, se tirent des balles dans la bouche quand ils n’en peuvent plus, ils sont ces héros qui ne servent à rien, sinon à finir au cimetière d’Arlington, le drapeau sur le cercueil en cuivre, les honneurs militaires, les citations, la mort comme un totem qui se passe de compagnie en compagnie. J’avais  » Les nus et les morts » comme emblème de la connerie de la guerre, je rajoute « Fin de mission » à cette idée qu’il faudrait faire lire ces livres, impérativement, à tous ces guerriers qui ne seront jamais en première ligne…

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