Balles perdues Jennifer Clement Flammarion

Nous sommes en Floride, sur le parking d’un camp de caravanes. Pas dans le camp, à côté du camp. Pearl et sa mère Margot y vivent, dans la vieille Mercury, sa voiture aux pneus dégonflés, l’une à l’avant et l’autre à l’arrière.

Margot vient d’une famille bourgeoise qu’elle a quitté quand elle a été enceinte de Pearl. Elle est partie avec une partie de l’argenterie, de la porcelaine de Limoges qu’elle cache dans le coffre de la voiture. Elles survivent de petits bouts de rien.

Dans le camp, Pearl a sa copine Avril May avec qui elle fait les 400 coups! Près du camp, il y a le pasteur qui veut éradiquer les armes aux Etats-Unis, deux Mexicains qui veulent l’y aider. Pearl regarde tout ça avec ses yeux de gamine qui comprend que tout le monde lui ment.

Elle s’en fiche Pearl, tout ce qu’elle veut, c’est que sa mère soit heureuse, qu’elle fasse ses petits coups en douce.

Quand sa mère s’éprendra d’Eli, un type au passé aussi trouble qu’un marigot un lendemain d’ouragan, il sera juste un peu trop tard, et là commence un autre roman.

Obligée de quitter la Mercury, placée chez Mr Brodsky, un vieux Juif qui héberge déjà deux autres enfants placés, Pearl va découvrir un nouveau monde, devoir apprendre des codes qu’elle ne soupçonnait pas.

C’est un roman d’une humanité bouleversante, qui ne nous lâche pas, tellement on a envie de prendre Pearl dans nos bras en lui disant, au creux de l’oreille, que tout cela n’est pas si grave.

Même si !

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