Les liens du sang Errol Henrot Editions Le Dilettante

Autrefois, les abattoirs étaient en plein centre de la ville, dans le grouillement des halles et le sang coulait comme des torrents violets le long des caniveaux. Maintenant, ils sont en périphérie, on étouffe les sons, on camoufle les tueries, on se garde du monde, mais le même sang dégueule pour rejoindre le centre de la terre. C’est ainsi que François se retrouve tueur, huit heures par jour à saigner les animaux, embauché par piston, le directeur connaît son père. François tue, que demander d’autre à un tueur, sinon de bien faire son boulot d’égorgeur des basses œuvres. Quand François rentre chez lui, il s’affale dans ses habits de tueur, il s’endort sans manger, tentant d’oublier dans la nuit la monstruosité de son travail. Il faut bien quelqu’un pour le faire, ce boulot, si c’est pas toi, c’en sera un autre. Il mange quelques gâteaux, boit un peu de lait. Jusqu’à ce jour où la sauvagerie des uns finira par avoir raison de François. Les liens du sang finiront par se desserrer, l’entreprise est cruelle pour celui qui ne se résout pas. Errol Henrot nous entraîne ici dans les pas d’un homme en folie avec une honnêteté coupable.

Publicités

Faux départ Marion Messina Le Dilettante

Un livre qui commence avec cette phrase, Alejandro s’était réveillé avec la bouche sèche et la mi-molle des matins maussades, ne pouvait que m’obliger à ouvrir un œil et le bon, bien évidemment. Alejandro est un étudiant colombien débarqué à Grenoble par le hasard de la poste française. Il est le petit ami d’Aurélie qui ne connaissait de la Colombie, avant Alejandro, que Shakira et les FARC, bref, une fille bien, petite banlieusarde étudiante qui tente de joindre les deux bouts avec son petit boulot. De cette petite vie qui ne décolle pas, Marion Messina nous brosse le portrait d’une génération qui n’ arrive pas à sortir de sa condition. Avec une écriture sans affect, elle décortique ces hommes et ses femmes qui baisouillent entre eux, prennent des trains qui n’arrivent pas à l’heure, regardent le monde continuer à tourner sans eux, tentent des petits boulots qui les dévalorisent. Avec une acuité tendre, elle appuie juste là où ça fait mal, sorte de Houellebecq féminin qui aurait traîné sur le campus gris d’une fac de province.

Tout un été sans Facebook Romain Puértolas Editions Le Dilettante

Et ben voilà! Encore une fois, Romain Puértolas vient surprendre ses lecteurs là où je ne l’attendais pas! Et c’est certainement son meilleur roman, pour plein de raisons! Déjà le titre, si nous pouvions réussir à entraîner toute notre famille tout un été sans Facebook, cela permettrait certainement à énormément de gens de ne pas s’injurier comme ils le font en ce moment.

De plus (car il faut dire de plus, quand on n’a pas dit premièrement et qu’il y a plusieurs raisons,  car il faut pour çela que j’écrive cependant un peu plus tard, vous allez voir, ça passe comme une lettre à la poste, encore que la poste en ce moment…), donc de plus Romain Puértolas nous invente encore une fois des personnages improbables dont l’héroïne (non pas la drogue!) Agatha Crispies, formidable flic new-yorkaise de New-York (Colorado), pas celui qui fait vrombir les sirènes entre Manhattan et Long Island, mais celui du trou du cul du monde presque libre libre selon Donald, où pas un réseau ne passe et où, habituellement personne ne meurt, du moins de manière violente, genre steak haché dans une baignoire.

Agatha Crispies n’est-elle pas la plus à même de résoudre cet incroyable crime, surtout si la porte était fermée de l’intérieur… La suite vous le dira! Mais surtout là où encore une fois Romain Puértolas me bluffe, c’est qu’il réinvente une langue à la San-Antonio (mais celui du meilleur cru!) en s’affranchissant sans vergogne de tous les codes du roman policier (policier qu’il était il y a encore peu d’années!!!).

Aussi, débranchez vos ordinateurs, commandez des donuts en chocolat chez votre boulanger-pâtissier préféré et laissez-vous mener par le bout du nez par la rondelette Agatha Crispies, dont on dit que faire le tour en vaut la chandelle!

 » It’s This…or cluedo » disait Sherlock dans le chien des Baskerville! A vous de jouer!

En librairie le 4 mai!!!!

Cependant, ça y est je l’ai mis pour ceux qui ont suivi….

Re-Vive l’Empereur Romain Puértolas Le Dilettante

romain Que vous dire sur le nouveau roman de Romain Puértolas (qui d’ailleurs abat un travail de romain en écrivant si vite!) sinon qu’il est encore plus déjanté que les deux premiers!!! Imaginons donc que Napoléon Bonaparte ne soit pas dans son tombeau aux Invalides, mais qu’il ait dérivé dans son cercueil dans les eaux glacées du Grand Nord, qu’il soit récupéré par un pêcheur norvégien qui le met à décongeler dans son frigo à cabillaud… Vous suivez, tout va bien… Et ensuite, me direz-vous! Et vous aurez raison, mais je n’ai pas envie de tout vous raconter, sinon vous ne l’achèterez pas!

Ce qui est sûr:

C’est que l’Empereur a de la ressource, un problème évident d’érection, une envie de détruire Daesh en deux temps, trois mouvements, une piètre opinion de nos gouvernants (surtout les deux derniers!), une capacité hors norme à rameuter une nouvelle Grande armée de 11 personnes, et qu’il met de l’eau dans son Gevrey Chambertin, comme si cela se faisait.

Ce qui est certain, c’est qu’un Empereur de ce calibre ne peut que remettre de l’ordre dans ce monde à feu et à sang, avec beaucoup d’humour, beaucoup de tendresse aussi, et aussi une vision étonnante de notre société, sur laquelle il pointe, avec une réalité déconcertante, tous ses atermoiements, toutes ses bassesses, toutes ses compromissions. Comme quoi parfois, la congélation ne détruit pas toutes les vitamines!

Sortie le 30 septembre et c’est demain!!!

De l’influence du lancer de minibar sur l’engagement humanitaire Marc Salbert Le dilettante

salbert  Il faut toujours se méfier du minibar qui ronfle dans votre chambre d’hôtel, parce qu’il peut, comme l’effet papillon, entraîner des réactions en chaîne absolument désastreuses. C’est ce qui arrive à Arthur Berthier, journaliste rock qui va se retrouver dans une spirale sans fin où Hassan, Afghan né dans le XVIème, Daoud, sans papiers afghan hébergé par Arthur, Emilie, fille d’Arthur, bref, comment vous dire. On part dans un roman complètement barré où, non seulement, on rit énormément, mais qui aussi sait nous interpeller sur ce monde global qu’on nous sert à toutes les sauces. C’est jouissif en diable, ça met aussi un petit coup au petit monde de l’édition, bref, c’est plus qu’un grand sourire ce roman, c’est salvateur !

La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la Tour Eiffel Romain Puértolas Le Dilettante

ROMAINNous savions déjà que Romain Puértolas n’avait pas l’angoisse de la page blanche, dans la mesure où il écrit essentiellement sur son Smartphone. Venant de terminer son second roman au titre aussi inoubliable que le premier, je peux vous assurer qu’il n’a pas non plus l’angoisse du second roman venant après le succès colossal du premier. Totalement aussi joliment dingue que le Fakir, vous allez vous laisser prendre aux formidables aventures de Providence Dupois, factrice de son état et actuellement en instance d’adoption de Zahera, petite Marocaine malade de la mucoviscidose (le fameux nuage grand comme la Tour Eiffel qui l’empêche de respirer !). Vous allez aussi apprendre à connaître Léo Machin, contrôleur aérien à Orly et Antillais (ce qui chacun le sait a toujours son importance dans une histoire…). Vous allez rencontrer des maîtres chinois inénarrables et voyagerez en compagnie de Barack Obama himself (lui-même une fois traduit), quitterez le plancher des vaches par la simple force de votre volonté et ferez la rencontre décisive d’un cumulonimbus assez retors, ainsi que la connaissance d’une tribu Chleuh qui n’est pas vraiment celle que l’on croit !!!
Bref, je ne vous en dis pas plus, le second roman de Romain Puértolas est un formidable pied-de-nez à la morosité ambiante, un fou-rire à la barbe des grincheux, un conte des mille-et-une nuits contemporain, un coup de pied au c… des atrabilaires de tout poil, un magnifique roman d’amour et surtout un « extraordinaire voyage » encore une fois. Merci Romain !

Mais n’oubliez-pas, il ne paraît que le jour de mon 52ème anniversaire, soit le 14 janvier 2015!!!!

L’extraordinaire voyage du Fakir qui…. Romain Puertolas Le Dilettante

fakir

  Vous en voulez du bien barré, qui fait rire et même parfois, un peu pleurer. Du roman à la Pierre Dac ou à la Pierre Desproges, un roman qui fait du bien, tartiné tout partout de bons sentiments, de gitans qui se font voler (si si si!!!), de migrants qui se font migrer à l’insu de leur plein gré, d’actrices en morceaux qui sont des princesses, et surtout d’un Indien, arnaqueur de bons sentiments, voleur de note de taxis, bonimenteur de toutes les foires, magicien de bonne fortune, spécialiste de toutes les évasions les plus surréalistes. Bref, vous voulez le roman qui m’a fait le plus de bien depuis bien des mois, eh bien sachez, messieurs et mesdames, ladies and gentlemen, ragazzi et raggazza, senor et senoritas, qu’il va vous falloir attendre encore un peu…

Il faut également remercier Ikea pour la solidité de ses armoires contenant de l’Indien enturbanné, le printemps libyen pour un chapitre pas piqué des hannetons, la villa Borghese pour tout et plus encore, Marie, la belle Marie pour avoir accepté de déjeuner à la cafétéria du magasin nommé dans le titre de l’ouvrage et les Taxis gitans pour les kilomètres effectués du haut en bas de l’ouvrage.

Oui, encore un mot, l’auteur accepte bien évidemment les avances de son éditeur en coupures de 500 €.

Ceci étant dit, l’ouvrage sus-dit ne sera en vente dans les bonnes librairies que vers la fin du mois d’août 2013! Et il ne sera pas dit que je ne vous l’aurais pas conseillé avant!!!