Le Dit du Mistral Olivier Mak-Bouchard Éditions Le Tripode

Ceci est un roman étonnant. Il fait partie de ces textes qui vous emportent immédiatement pour des lieux, des personnages, des senteurs, des fumets, des histoires et encore des histoires. Vous y rencontrerez Le Hussard et Monsieur et Madame Sécaillat, des morceaux de poterie qui affleurent de la terre à la suite d’un orage, des champs de cerisiers et des gendarmes.

Vous y rencontrerez aussi une écriture inédite, qui réconcilie le Provençal et le Français dans un savant pistou propre à l’auteur. Vous saurez enfin pourquoi Hannibal et ses éléphants doivent beaucoup au Luberon et à ses légendes, qu’on n’est jamais loin de Mr Seguin et que n’est pas loup qui veut.

Vous vous baignerez et enfourcherez l’armure que donne la femme-calcaire à ceux qui croient en elle, et vous verrez, de vos propres yeux vus et de vos oreilles entendus Madame Sécaillat renaître à la vie. Vous finirez aussi par boire à la source et cette eau trouble remettra tout au clair.

Vous ne comprenez rien à ce que je raconte et vous en avez bien de la chance, car vous n’avez pas encore lu « Le dit du Mistral », ce roman à nul autre pareil qui vous ramène à votre enfance, à vos yeux écarquillés quand on vous racontait une histoire au bord du lit, que vous ne compreniez pas tout, mais vous saviez déjà qu’il y avait tout dans cette histoire, l’amour, les peurs, le miracle des mots et s’il y avait aussi un peu la mort, elle ne vous faisait pas peur.

Alors oui, je vous le redis, vous en avez bien de la chance de ne pas l’avoir encore lu…

Vigile Hyam Zaytoun Editions Le Tripode

C’est un livre qui ne se raconte pas, mais qui se vit. Vigile est la vie, Vigile est cette vigie postée en haut du mât et qui regarde toujours devant en attendant de voir la terre, après de longs jours de mer. Vigile rime avec fragile et ici tout est ainsi, prêt à rompre, mais Hyam Zaytoun sait tout ça mieux que nous le lecteur qui assiste, impuissant, à ces jours où l’homme qu’elle aime lutte contre la mort.

Ce qui ressort de la lecture en apnée, évidemment en apnée, de ce court texte bouleversant, c’est l’amour, porté dans une incandescence que révèlent les mots. L’amour pour cet homme, pour cette famille soudée qui sera là à chaque instant de ces jours sans fin, sans autre but que de regarder devant, espérer quand même les mots insensés sont prononcés.

Vigile fait partie de ces livres qui nous obligent à aimer chaque matin, chaque lever de soleil, chaque bruit dans la rue, chaque cri d’un enfant. C’est un livre qui nous rend absolument vivant, et cela n’a pas de prix…