La lumière difficile Tomas Gonzalez Seuil

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Dans ce village de Colombie, David écrit. Tant que sa dégénérescence maculaire lui laisse voir le papier, il écrit l’histoire de Jacobo, son fils, celle de Sara, sa femme, de ses deux autre fils, Arturo et Pablo, celle aussi d’Angela. Il écrit sa vie. Depuis qu’il ne peut plus peindre, lui qui n’avait de cesse de capter la lumière pour la poser sur la toile, il tente de recomposer cette existence qui l’a vu perdre ceux qu’il chérissait.

Construit comme un labyrinthe, le roman de Tomas Gonzalez nous conduit jusqu’au plus intime d’un homme qui observe la vie qui s’enfuit. Jacobo, son fils aîné souffre le martyre depuis un accident de voiture. Il va partir pour l’Oregon afin qu’un médecin abrège ses souffrances, accompagné de son frère Pablo.

Au fur et à mesure que la rétine de David s’obscurcit, les mots se mettent en place avec douceur. Alors qu’il voit la mort envahir son entourage, il s’apaise. Et nous interroge. Ne passons-nous pas nos vies à courir après des chimères (comme arriver à peindre la lumière ?) qui ne font que nous perdre ?

Dans une langue sobre et dépouillée d’artifices, Tomas Gonzalez écrit un livre uniquement dicté par la grâce et la magie de la vie, celle qu’il cherche certainement aussi aujourd’hui à Cachipay, qui doit bigrement ressembler à La Mesa de David.

Un livre absolument admirable de maîtrise, de douceur. Un roman, vous verrez: « Merveilleux! »