Les deux cœurs en Égypte Tome 1 Makyo-Sicomoro- Calore-Tanzillo Editions Delcourt

Makyo est toujours là où on ne l’attend pas, et pourtant, depuis son escapade aux Éditions des Arènes sur son petit traité de manipulation (un petit chef-d’œuvre soit dit en passant!) on se dit que plus les années passent, plus il se bonifie le bougre. Renouant, d’une certaine manière avec le meilleur de « la balade au bout du monde », ce premier volet des « deux cœurs en Égypte » nous entraîne dans une uchronie telle que lui seul est capable de nous tenir en haleine.

Quand Hassan voit apparaître Anoukis derrière cette porte grillagée, peut-il imaginer que plus de trois milles ans le sépare de cet homme? Anoukis a franchi les mystères du temps, aboli la mort, et tenant un enfant dans les bras, cherché à le sauver d’une mort certaine.

Alors, il nous faudra replonger dans le monde d’ Akhenaton, laisser filtrer les secrets de la cour, les turpitudes des généraux, laisser gangréner le palais de courtisans qui ne cherchent que leur propre gloire au détriment d’Anoukis qui hésite entre l’amour d’Iséri et ses propres vœux de prêtre.

Makyo, dans un scénario implacable, nous plonge dans une tragédie antique à la Sophocle, où le diable ne se cache pas dans les détails, mais dans cette dualité de l’homme. Quand la raison chavire, quand l’homme ne s’en remet qu’à sa chair, à sa faiblesse, il peut être l’homme des pires bassesses, mais cet enfant qu’Anoukis tient dans ses bras peut-il être autre chose qu’un espoir…

J’attends le tome 2 avec plus qu’une impatience!

Publicités

Un loup est un loup Folco, Makyo, Nardo Glénat

501 UN LOUP EST UN LOUP T01[BD].indd L’adaptation d’un livre en film ou en bande dessinée est toujours une sorte de funambulisme hasardeux. Et quand il s’agit d’un de ces livres magiques que vous n’arrivez toujours pas à oublier plus de vingt ans après l’avoir lu, vous considérez celui qui l’entreprend, soit comme un fou, soit comme un saint. Et pourtant, quel bonheur que d’avoir lu « un loup est un loup » adapté par Pierre Makyo du roman de Michel Folco. Tout y est, même si tout n’y est pas dit, et c’est bien cela le talent du scénariste, arriver à tout nous dire par l’ellipse ou encore mieux ici, par le splendide dessin de Federico Nardo. Le découpage des planches donne une saveur nouvelle à la narration, les personnages sont campés admirablement et « les cinq épateurs de Racleterre » sont aussi étranges qu’attachants. Une magnifique réussite, on attend juste le tome 2 avec une impatience non feinte.

Les Pierres Rouges Makyo Delcourt

makyo  Cela fait toujours plaisir de retrouver le dessin d’un auteur qui se consacrait essentiellement au scénario depuis quelques années. Et c’est peu de dire que ces « Pierres Rouges » nous ramènent vers l’univers mystérieux de l’auteur d’ un cœur en Islande ou de Grimion gant de cuir.

Ici, nous sommes en Provence, dans les années 30. Ismaël, jeune gamin d’une douzaine d’années va fuir autant la mort de sa mère que la brutalité de son père ou l’imbécillité du monde qui l’entoure. Cette fuite l’entraînera jusqu’à une étrange maison de pierres rouges où le recueille Esther. Entre eux deux, un drôle de jeu du chat et de la souris naît entre les larmes et les cris, dans le chaos d’une maison vide où un tableau énigmatique va poser une question sans réponse.

Avec ce dessin d’ombres et de lumières rases, avec des plans cinématographiques (n’oublions pas que Makyo est aussi cinéaste!) l’histoire d’Ismaël et d’Esther nous emprisonne vers une résolution que nous espérons dans le tome 2!!!