Faux départ Marion Messina Le Dilettante

Un livre qui commence avec cette phrase, Alejandro s’était réveillé avec la bouche sèche et la mi-molle des matins maussades, ne pouvait que m’obliger à ouvrir un œil et le bon, bien évidemment. Alejandro est un étudiant colombien débarqué à Grenoble par le hasard de la poste française. Il est le petit ami d’Aurélie qui ne connaissait de la Colombie, avant Alejandro, que Shakira et les FARC, bref, une fille bien, petite banlieusarde étudiante qui tente de joindre les deux bouts avec son petit boulot. De cette petite vie qui ne décolle pas, Marion Messina nous brosse le portrait d’une génération qui n’ arrive pas à sortir de sa condition. Avec une écriture sans affect, elle décortique ces hommes et ses femmes qui baisouillent entre eux, prennent des trains qui n’arrivent pas à l’heure, regardent le monde continuer à tourner sans eux, tentent des petits boulots qui les dévalorisent. Avec une acuité tendre, elle appuie juste là où ça fait mal, sorte de Houellebecq féminin qui aurait traîné sur le campus gris d’une fac de province.

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