Misérables! Michel Quint Éditions Phébus

Laurent Leprêtre a 35 ans. Dans son nouveau job, il enquête pour retrouver la trace d’héritiers d’assurance-vie. Son passé de divisionnaire dans la police a joué à l’embauche, c’est certain. Premier dossier: Henriette Benson, 90 ans, a souscrit une assurance-vie au profit d’un certain Freddy, 20 ans à l’époque, pour près de 600 000 francs le 15 juin 1981. Elle décède le 18. Un peu rapide l’héritage, sauf que personne ne sait ce qu’est devenu Freddy, disparu dans la nature. Laurent n’a plus qu’à prendre la direction de Calais, remonter les pendules de 2016 à 1981, fouiller les cimetières et sonder les âmes.

De l’élection de Mitterrand jusqu’à la jungle de Calais de 2016, entre la peur du communisme qui entre au gouvernement jusqu’aux yeux des migrants qui brillent comme ceux de lapins dans les phares des voitures, Michel Quint nous raconte bien plus qu’une histoire d’héritage. Il nous raconte une ville, le déclassement de ses habitants, la mutation d’une société, la peur de l’étranger, l’exaspération des petites gens et l’espérance du miracle pour ceux qui rêvent encore de l’Angleterre. On ne fait plus de dentelle à Calais, on survit avec sa petite retraite dans sa petite maison, alors, ressortir Henriette Benson, mon Dieu, mon pauv’ monsieur, c’est vieux tout ça.

Michel Quint est un peintre naturaliste qui nous entraîne avec brio sur les chemins escarpés d’un monde qui se rétrécit, se perd et se confond avec le gris des vagues de la mer du Nord. Mais, heureusement, il y a Sonia. Comment, je ne vous ai pas parlé de Sonia, il y a toujours un soleil dans les romans de Michel Quint!

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