Aline et les hommes de guerre Karine Silla Éditions de l’Observatoire

Mais qui est donc Aline Sitoé Diatta, cette jeune femme au port de tête de princesse africaine? C’est ce que ce roman de Karine Silla va nous dévoiler, en fouillant dans ses racines la vie étonnante de cette aïeule Diola.

Née dans le sud du Sénégal, dans cette tribu où le pacifisme est une règle, où la terre est inaliénable, Aline grandit solitaire, attentive aux histoires de son peuple que lui conte Diacoumoune.

De l’autre côté de l’histoire, il y a Martin qui a toujours rêvé d’Afrique et qui la découvre en colonisateur, pensant faire le bien pour tous ces misérables écrit-il à sa femme. Même s’il réprouve certaines actions de ses compatriotes, il est persuadé que la colonisation émancipera les peuples indigènes, niant ainsi toutes leurs cultures millénaires.

Aline se mettra au service de Martin et sera gouvernante avec son amie Mariama. Et c’est au contact de Martin qu’elle deviendra la combattante au service de son peuple, celle qui entend les voix de la rébellion contre la colonisation galopante et conduit aux désastres.

Si on la surnomma la « Jeanne d’Arc du Sénégal », elle ira aussi jusqu’au bout de son engagement pour son peuple et sa terre et sera malheureusement ignorée des livres d’histoire. Karine Silla la réhabilite magistralement dans ce roman au souffle épique et magique.

Ces rêves qu’on piétine Sébastien Spitzer L’observatoire

C’est un de ces romans qu’on aborde avec cette idée que tout a déjà été écrit sur la seconde guerre mondiale, alors on se méfie, on se dit un de plus. Et on ouvre  » Ces rêves qu’on piétine » et tout est balayé, car on sait dès l’entame qu’on tient un grand roman entre les mains. Sur ces routes de l’enfer où marche une petite fille, Ava, dans cette longue transhumance des déportés qui ont quitté les camps, on devine une autre histoire, bien plus violente encore, cachée dans un rouleau de cuir.

En parallèle, une femme se terre dans Berlin, c’est Magda Goebbels, la femme du Ministre de la Propagande du Reich. Dans le bunker du Führer, elle organise les derniers jours, les siens et aussi ceux de ses six enfants.

Avec une écriture absolument maîtrisée et un sens aigu de la construction, avec ces deux faces du même miroir, Sébastien Spitzer nous entraîne dans une spirale infernale, vers l’anéantissement des rêves, du pouvoir absolu, jusqu’à l’enchevêtrement incroyables de destins qu’on ne pouvait imaginer. Un grand roman dans la folie et le tumulte des hommes.