Power Play Mike Nicol Éditions du Seuil Cadre noir

On sait déjà tous que le polar sud-africain est redoutable, parce que tout simplement l’Afrique du Sud est redoutable, un pays rongé par la corruption aux plus hauts niveaux de l’État, mais pas que. Je pense même que les requins qui bouffent les surfeurs sont gangrenés par les gangs de South Soweto! On a lu « Zulu » de Caryl Ferey ou « le piège de Vernon » de Roger Smith, juste pour cette idée que ce pays est plus qu’un nid de frelons. On a lu Deon Meyer et les implications politiques qu’il dénonce ou André Brink, qui, dans un tout autre registre nous a peint la société sud-africaine du temps de l’apartheid tout en nous donnant les prémisses de celle qui existe aujourd’hui.

Et puis Carole, ma divine représentante Seuil, me balance dans les pattes ce « Power Play » de Mike Nicol. Elle me dit « tu verras, parfois les scies à ruban ont des propriétés étonnantes. »

Oui, j’ai vu, j’ai lu, j’ai pris un autobus en plein face, un roman d’une noirceur absolue où le moindre mica de la plage est recouvert de boue et de sang. Mike Nicol est journaliste et certainement un peu fouille merde et son livre est un coup de poing contre cette société sud-africaine qui préfère laisser les gangs se descendre entre eux, pour ensuite compter les points et régler leurs affaires mafieuses entre gens de meilleure compagnie.

On ne va pas se cacher les yeux comme la belle douairière, il y a dans ce roman toute la violence d’un pays qui n’arrive pas à devenir une démocratie, car les poisons latents de toute l’Afrique du Sud exsude de tous les pores des personnages de Mike Nicol. Roman fou, roman invraisemblable qui ne dit sans doute qu’une partie de la vérité de ce monde perdu sans doute pour de nombreuses années encore.

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