Juste après la vague Sandrine Collette Editions Denoël

Ici, la collection  « Sueurs froides » où est édité le dernier roman de Sandrine Collette porte particulièrement bien son nom. Une vague gigantesque a submergé tout un monde et un vaste territoire. Une famille de neuf personnes, les parents et leurs sept enfants se retrouvent seuls dans leur propriété devenue une île. Peu à peu, la vie s’organise, mais l’eau continue de monter. Pour se sauver, il n’y a qu’une seule solution, partir vers des terres plus hautes. Mais leur barque ne peut contenir toute la famille. Il est décidé que trois enfants resteront là, avec cette promesse de revenir les chercher. Le récit s’articule alors autour de la survie de ces trois enfants, un peu éclopés, ainsi que la traversée de la barque et de ses occupants vers une hypothétique terre. Dans ce climat de fin du monde, de tempêtes énormes, de froid et de vent, Sandrine Collette nous entraîne, par son style haché, mais saisissant, dans une quête absolument dantesque, où les personnages se révéleront, les poussant jusqu’à l’extrémité  de leurs humanités dévastées. Alors, y aura-t-il une quelconque lueur pour briller dans les yeux de ceux qui auront affronté bien plus que des vagues? Vous ne pourrez le découvrir qu’en lisant ce prodigieux roman où, encore une fois, on reconnaît cette magie de l’écriture, la patte Collette!

Hélène

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Il reste la poussière Sandrine Collette Denoël

colletteLe décor est vite planté. La Patagonie, une terre aride, une chaleur étouffante, la poussière qui vole et dans une ferme isolée, une femme et ses 4 garçons. Les 3 aînés s’amusent à poursuivre le plus jeune à cheval pour ensuite le lancer dans les épineux. Les aînés, des jumeaux, Mauro et Joaquin semblent régir le clan. Steban, le cadet s’est muré dans le silence et Rafael, le plus jeune, celui qui n’aurait pas dû être là, encaisse, jour après jour. Mais aucun n’oserait désobéir à la mère qui ordonne chaque jour toutes les tâches à accomplir, sans jamais manifester une quelconque tendresse ou ne délivrer le moindre sourire. Le temps passe, les garçons deviennent des hommes. C’est à ce moment que tout s’effrite, se dissout. Mais n’est-ce pas mieux ainsi pour ceux qui gardent, au plus profond de leur âme, une forme d’humanité. Sandrine Collette nous plonge dans un roman âpre et rugueux, comme les personnages qui hantent ces pages. En s’attachant à suivre au plus près le plus jeune d’entre eux, Rafaël qui trouvera sa survie dans la passion qu’il porte aux animaux, l’auteure nous entraîne au plus loin de la folie des hommes. Ce livre me rappelle celui de Bruce Machart « Le sillage de l’oubli », paru aux éditions Gallmeister par la beauté des paysages confrontée à la violence de cette humanité déglinguée.

Hélène